Etty Hillsesum est une jeune femme hollandaise de confession juive, déportée et morte à Auschwitz à l’âge de 29 ans. Elle a laissé un journal intime de 1200 pages où on découvre sa transformation spirituelle dans cette période particulièrement noire. Ce livre est la synthèse de son parcours vers la liberté, vers sa liberté intérieure.
Etty a vécu une enfance difficile et en 1941, quand elle commence son journal, c’est une jeune femme mal dans sa peau : elle est dépressive, boulimique et dans un état émotionnel instable. C’est là qu’elle fait la rencontre qui va radicalement changer le cours de sa courte vie : un thérapeute allemand, juif lui aussi, qui a fui Berlin pour se réfugier à Amsterdam et y installer un cabinet. Etty confie à Julius Spier le soin de la guérir de son mal-être et commence une thérapie.

Il est assez fascinant de découvrir le processus qui amène Etty Hillesum, dans une première phase à faire la paix avec elle-même, puis à se donner corps et âme aux autres. La démarche et le chemin sont très spirituels et empruntent ceux de la psychologie avec Jung (dont Spier est un adepte) et de la littérature (les écrits de Rilke sont très importants pour Etty). Elle s’oublie pour se consacrer au bonheur d’aider ses contemporains à voir le beau partout, même dans les pires moments. Débarrassée (si l’on peut exprimer les choses comme ça) de son ego, ayant accepté l’idée de la mort, elle se rendra d’elle même à Westerborck (camp de transit hollandais vers les camps d’extermination) afin d’essayer d’atténuer les souffrances des milliers de gens qui y sont regroupés. C’est le don absolu de soi, la foi en l’Humain et l’amour de la vie au milieu des pires exactions et de la mort au quotidien. Elle aura même de la compassion pour ses bourreaux nazis.

Cécilia Dutter, qui est présidente de l’Association des Amis d’Etty Hillesum, nous explique le cheminement d’une femme étonnante et courageuse, très mal dans sa peau en 1941 et infiniment heureuse en 1943, alors qu’elle sait que son sort est scellé. C’est déroutant et à peine croyable.

Vivre libre avec Etty Hillesum, Cécilia Dutter
Tallandier

L’auteur :
Cécilia Dutter est née le 3 octobre 1968 à Paris

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter