Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en commençant ce bouquin de Virginie Despentes, ne connaissant que le titre et une rumeur qui disait que c’était bon. Mais les rumeurs… En tout cas personne n’était venu m’en parler de vive voix. Et c’est bien dommage car ce roman, c’est vraiment quelque chose !

Vernon, la cinquantaine aujourd’hui, tenait un magasin de disques dans les années 80. De cette époque il a gardé un relationnel bien garni, de passionnés, de gens avec qui il a partagé ses passions musicales et ses nuits, des jeunes, des moins jeunes, des drogués, bref des gens de tous bords. Vernon est un type à la cool, de toute façon dans ces années-là on était plus relax. La plus célèbre de ses connaissances était Alex Bleach, devenu chanteur starifié, qui meurt d’une overdose. Alors que Vernon avait de plus en plus de mal à subvenir à ses besoins, Alex lui payait généreusement ses loyers. La star vivait mal sa célébrité et un soir de déprime et sous l’emprise de la drogue, il se filme et se confesse sur des cassettes que Vernon récupère.
Ces cassettes se retrouvent dans la nature alors que Vernon fait le tour de son carnet d’adresse car il vient d’être expulsé de chez lui. Il se balade ainsi d’appartements en appartements pour squatter un canapé. Mais bien entendu les confessions du chanteur suscitent des convoitises.

Et là, en suivant la lente descente de Vernon, l’auteure dresse tout à tour, des galeries de portraits incroyables entre polar et road movie -si l’on peut dire- à travers Paris. Des hommes et des femmes, qui réalisateur, qui actrice porno, qui mari violent ou fille seule, bref une photographie de l’époque dans laquelle nous vivons. Et ça balance sur les années fric, les réseaux sociaux, les rapports entre hommes et femmes, le sexe, la drogue, la violence physique et sociale. Le tout avec une écriture que je n’arrive pas à qualifier d’autre chose que de rock’n'roll. Ça envoie sans crier gare, ça tape là où ça fait mal : l’agressivité, l’égoïsme, la méchanceté, nos travers sont mis sous la loupe. Et que dire de la bande-son qui est hallucinante ? On passe du temps a écouter et à (re) découvrir beaucoup de groupes et de morceaux.
Y-a-t-il une nostalgie des années 80 dans ce bouquin ? Pas sûr, car chaque époque a ses problèmes, mais le contraste est saisissant.

Il y a encore deux tomes à découvrir et il n’y a aucun doute, je vais les lire !

Vernon Subutex 1, Virginie Despentes
Le Livre de Poche

Categories: Roman

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