Uruguay, Jules Supervielle

Ecrit par Vincent Stoffel 1 Commentaire

Né à Montevideo (Uruguay) en 1884, orphelin de père et de mère à huit mois et mort à Paris en 1960, Jules Supervielle nous envoie une étonnante carte postale d’Uruguay datée de 1928.

Huit chapitres avec ou sans titres sur quelques 88 pages à l’instar de ce petit pays coincé entre deux géants, le Brésil au Nord et l’Argentine à l’Ouest.

Dans le premier chapitre, Supervielle interpelle son pays en général : «Uruguay, Uruguay de mon enfance et de mes retours successifs en Amérique, je ne veux ici m’inquiéter que de toi, dire, au gré de mes tremblants souvenirs, un peu de ce que je sais de ton beau triangle de terre, sur les bords du plus large fleuve, celui-là que Juan Diaz de Solis appelait Mer Douce.» et sa capitale, Montevideo, en particulier.

Les chapitres suivants décrivent les pampas («L’estancia»), un épisode de «Sécheresse» puis le monde des taciturnes «Gauchos» : «Como-le-va-bien-y-Usted. Como-le-va-bien-y-Usted.». Le phare du Cerro est le personnage central du chapitre cinq «Le Cerro».

«Femmes et jeunes filles» agrémentent le chapitre suivant où on apprend que beaucoup de femmes ont atteint la perfection ici car «ces regards vifs, ces pas légers et sûrs ont été faits avec la collaboration du cœur, des pampas, et de la mer, je veux dire de l’amour et de la liberté.».

«La maison coloniale» est une ethnographie des uruguayens : habitation, alimentation (basée sur le trépied puchero, asado et pommes de terre), études, relations entre jeunes gens de sexe opposé sans oublier une approche géographique du pays.

Le dernier chapitre, innominé comme le premier, nous réinsère dans la réalité contemporaine de l’œuvre de l’auteur écrite en 1928. Émergeant des souvenirs de l’enfance, Supervielle nous décrit l’Uruguay d’entre les deux guerres où «Les maisons s’enrichissent de radiateurs, la campagne, d’écoles et de routes.» et où «…les poètes uruguayens qui, dans un pays de moins de deux millions d’habitants, trouvent des lecteurs plus nombreux, et peut-être plus fervents, que n’en ont chez eu les poètes de France.». Nostalgie du poète Supervielle, né «sous les signes jumeaux du voyage et de la mort»…

Belle lecture.

Uruguay, Jules Supervielle
Éditions des Équateurs

L’auteur :
Jules Supervielle est un poète et écrivain français né à Montévidéo (Uruguay) en 1884 et mort à Paris en 1960

Categories: Classique

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Liseur occasionnel Ami d'Hervé
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