Cette fille bien est rédactrice en chef dans un magazine féminin, a deux enfants, Benjamin et Pierre et est divorcée. Lors de retrouvailles avec une ancienne camarade de collège, celle-ci lui restitue son journal intime dont elle avait totalement oublié l’existence. Des passages rayés au sujet d’un prof nommé Bargeton la plonge dans la plus grande perplexité, n’ayant aucun souvenir de quelques relations que ce soit avec lui. Est-ce qu’elle a oublié quelque chose de traumatisant pour se protéger ? Au même moment elle récupère son fils aîné au commissariat. Alors qu’elle redoutait le pire (ça lui arrive souvent), Pierre a porté secours à une jeune fille, Susan. Elle finit par faire une espèce de malaise, diagnostiqué comme un ictus amnésique, une perte de mémoire subite.
J’ai trouvé que le livre ronronnait pendant un bon moment, entre la lecture de ce journal où on découvre le fameux Bargeton, les collègues féminines du journal prêtes à aider avec de plus ou moins bon conseils et la narratrice qui se débat avec tout cela, ses fils et sa tante Sibel. Puis un coup de théâtre, et le mot est faible, vient éclairer l’ensemble (je ne vais bien entendu rien spoiler). C’est totalement inattendu (évidemment), mais très bien vu et lance la lecture dans une autre direction, beaucoup plus enthousiasmante, voire haletante. Et souvent drôle.
Réapparaissent Louise, l’ex-copine de classe, un avocat, Dupont-Lévi (qu’on a beaucoup de mal à ne pas voir en Dupont-Moretti), Susan, le docteur Harouni (qui avait diagnostiqué le fameux ictus) et surtout, l’excentrique tante Sibel, Cette dernière est présente tout au long du livre mais au moment où elle raconte le parcours de sa famille arménienne est bouleversant. On aurait envie que cette histoire prennent plus de place, c’est très bien écrit.
La narratrice (je n’arrive plus à savoir si elle a un prénom ou si j’ai oublié, moi aussi victime d’un ictus…) va devoir se dépatouiller et prendre des décisions radicales, malgré les « précieux conseils » de son entourage.

Une fille bien, Valérie Toranian
Flammarion

L’auteur :
Valérie Toranian dirige la Revue des Deux Mondes après avoir été directrice de ELLE.

Categories: Divers

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter