Antoine Bradsock, animateur télé et écrivain est un homme en perdition. Divorcé de multiples fois, père de cinq enfants nés de trois femmes différentes, il se cherche. A plus de cinquante ans, il sombre dans une crise existentielle et une importante remise en question. Il se penche sur son passé et relate ses souvenirs et son irrépressible recherche de l’amour. Attiré par les femmes beaucoup plus jeunes que lui, il se marie systématiquement avec l’élue de son cœur, ce qui ne manquera pas de créer des complications lors des divorces et des pensions alimentaires qui se multiplient, auxquelles il a parfois du mal à faire face. Parfois il subit également le courroux des enfants de ses épouses successives, qui lui reprochent le mal qu’il leur fait.

Antoine n’est pas un coureur de jupons comme on aime en rencontrer dans la littérature qui traite du libertinage et des époux volages. Il recherche désespérément l’amour et il croit le trouver à chaque fois, avant de subir ses propres désillusions. Ses déceptions à répétition le font sombrer dans une forme de solitude et seuls ses amis proches le soutiennent.

Il est l’anti-héros par excellence. C’est un personnage infâme et déçu de la vie qui cultive une lâcheté à toute épreuve, dans ses rapports avec les autres. Il décrit par le menu sa façon de mettre fin à une relation amoureuse, par courrier ou SMS.

Ecrivain prolifique, il sait cultiver le cliché du noctambule qui n’écrit que sous l’emprise de l’alcool, ce qui lui vaut de piètres tirages de chacun de ses romans. Le couronnement de cette vie de déchéance est lorsqu’il apprend qu’il a un cancer. Il fait tout pour éviter un traitement qui d’évidence sera très lourd. Mais soigné par le professeur Bernard Debré, il met toutes les chances de guérison de son côté, ce qui est fait pour le rassurer. Les suites de son traitement ne seront guère une victoire, lui conférant un statut de cancéreux que son entourage fuira. Dans cette terrible remise en question de son existence désabusée, il ne cessera de rechercher l’amour.

Dans ce roman, Franz-Olivier Giesbert flirte en permanence avec le malaise du lecteur. On ne peut pas dire que la lecture du livre soit un bon moment à passer mais la compassion et peut-être la curiosité nous poussent à aller jusqu’au bout. Certains passages ressemblent à de l’humour, mais ils sont surtout très sinistres lorsqu’ils exposent le personnage dans sa plus cruelle vulnérabilité. On se dit que malgré tout, il n’a pas mérité de tant subir et on aimerait l’aider à aller mieux. Peut-être l’espoir sera-t-il récompensé.

Un très grand amour

Gallimard

Franz-Olivier Giesbert est né aux Etats-Unis. Ses parents s’installent en France en 1952. Il démarre sa carrière dans le journalisme dès l’âge de dix-neuf ans et travaillera notamment au Nouvel Observateur et au Figaro avant de diriger Le Point. Il a écrit de nombreux romans et essais.


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