Fidèle au rendez-vous, Amélie Nothomb nous gratifie de son roman annuel avec une régularité de métronome. L’événement est tellement attendu qu’on a hâte de découvrir le nouvel opus.

Joe Whip, à quatorze ans, est un magicien introverti et à l’avenir prometteur. Chassé de chez lui par sa mère, jeune, belle et névrotique, il officie devant les clients des hôtels et des bars. C’est là qu’il rencontre un inconnu qui, fasciné par son talent lui propose de perfectionner son apprentissage en lui présentant le maître qui fera de lui le plus grand magicien, Norman Terence. Celui-ci lui ouvrira les portes de Las Vegas.

Entre le professeur et l’élève va s’installer progressivement un sentiment de relation père/fils avec tous les ingrédients freudiens qui viennent perturber cet équilibre fragile. Le parcours initiatique du jeune apprenti serait incomplet s’il n’était pas fou amoureux de la femme de son maître. Les émois de l’adolescent à la vue d’une femme de dix ans son aînée apportent le côté croustillant à cette histoire.
Mais ceci serait bien ennuyeux si ce n’était pas écrit avec le talent d’Amélie Nothomb. Le texte est ciselé à la façon d’une pièce d’orfèvre et quelques perles émaillent les 150 pages du roman.
Existe-t-il des bons ou des mauvais romans d’Amélie Nothomb ? Ce dernier n’est pas celui que je préfère ni le plus original, mais l’aspect psychanalytique qui le porte du début à la fin le rend très attachant. La fin, parfaitement surprenante en fait un scénario digne d’être adapté au cinéma. On y retrouve les ingrédients qui font le succès de l’auteur : la gravité côtoie la légèreté.
Le côté un peu fou et déjanté d’Amélie est bien synthétisé ici et la lecture du livre dure le temps d’un film, avec la garantie de passer un bon moment. Cela dit, elle nous a habitués à mieux !

Tuer le père
Editions Albin Michel, 2011, 151 pages
L’auteur : Amélie Nothomb est l’auteur de Stupeur et tremblements, grand prix du roman de l’Académie française en 1999. Adapté au cinéma, le rôle principal sera magnifiquement joué par Sylvie Testud.

Categories: Passion, Psychologie, Société

1 réponse actuellement.

  1. Christophe dit :

    J’ai aussi bien apprécié ce roman. Amélie Nothomb a ce talent de l’économie des mots qui lui permet d’ écrire en 150 pages une histoire qui en demanderait 500 à un autre auteur.

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