Ces trois grands fauves sont respectivement Georges Jacques Danton, Victor Hugo et Winston Churchill, excusez du peu !

En trois portraits successifs, nous découvrons le rapport à la mort de ces hommes d’exception. La mort autour d’eux, des proches ou des anonymes qui subissent les événements de leur époque, mais aussi de la leur qui semble impossible tant ils sont puissants, par leurs fonctions bien entendu mais aussi par leur nature. Ils dégagent une force physique qu’aucun excès ne peut affaiblir.
Il ne s’agit ici pas de biographies traditionnelles, mais chacun est décrit sous l’angle d’une douleur qu’ils vont transformer en force suivant l’adage de ce qui ne tue pas rend plus fort.

Danton, défiguré enfant par divers accidents et par la petite vérole, impressionnera les foules et les femmes par la force de son verbe et de son corps malgré son visage disgracieux. La mort d’enfants en bas âge et de sa femme ne va pas l’empêcher de continuer à croire à la vie, jusqu’au tout dernier moment quand Robespierre le condamnera à la guillotine.

Hugo, et c’est sans doute le fait le plus connu, est terriblement marqué par la mort de son enfant préférée, Léopoldine. Lui aussi est un colosse qui survit à toute sa descendance. Son appétit de la vie est grand, celui des femmes, insatiable. Reconnu comme un génie de son vivant, comment vivre et exister dans son ombre ? Le texte le concernant est à mon grand désarroi un poil moins intéressant que les deux autres.

Churchill cherchera toute sa vie la reconnaissance paternelle. Il se sent invulnérable pendant la guerre des Boers ou celle de 14-18. Il avertira longtemps ses compatriotes de la dangerosité d’Hitler et quand il sera nommé à la tête du pays au début des hostilités il donnera tout, imaginant et réglant lui-même les moindres détails. En visite en France aux début des hostilités, il sera consterné par le défaitisme du gouvernement et de l’état-major français. Son péché mignon c’est l’alcool, mais il est Anglais, n’est-t’il pas ?

Manifestement bien documenté avec des histoires et des anecdotes passionnantes et souvent savoureuses, le tout écrit dans un style romanesque avec un vocabulaire riche, cet ouvrage sort de l’ordinaire par sa construction et par son style.
Un lien invisible unit les grands hommes au travers des siècles que l’auteur nous laisse entrevoir un instant.

Trois grands fauves, Hugo Boris
Belfond

L’auteur :
Hugo Boris est né en 1979 à Paris

Categories: Historique, Roman

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter