« Trois femmes puissantes » n’est pas le genre de livre qu’on termine et qu’on oublie instantanément. A peine la dernière page tournée on se met à y penser, à y réfléchir, à retracer les contours des ces histoires, de ces destins.
Le livre est composé de trois récits mettant en scène des femmes africaines dans des situations bien différentes :

- la première revient au Sénégal à la demande de son père pour une raison qu’elle ignore. Elle va, au travers de ce père qu’elle retrouve vieux et négligé, se souvenir de son enfance et tenter de comprendre et panser ses blessures.
- la seconde est presque absente dans la vie même du récit. Elle n’existe qu’au travers de son mari, ex-prof de lettres devenu vendeur de cuisine, au long d’une interminable journée sous la chaleur bordelaise marquée par une folle prise de conscience entre traumatismes et paranoïa.
- la dernière, jeune veuve sans enfant chassé par sa belle famille, va découvrir sa force et sa personnalité dans les difficultés d’un terrible voyage.

Le style de Marie NDiaye est très hypnotique. On se laisse prendre peu à peu par ses longues phrases et ses longues descriptions. On peut rechigner au départ par cette manière d’écrire, mais rapidement on se laisse bercer par le rythme des mots.
En racontant en détails les histoires des différents personnages, l’auteur pose aussi plein de questions auxquelles il ne répond pas forcément. Il nous donne plutôt des pistes, nous renvoie à l’enfance des protagonistes et nous laisse ainsi juges de leurs comportements et de leurs décisions.
Il y a une quatrième femme puissante, c’est Marie NDiaye.

« Trois femmes puissantes », Marie NDiaye
Folio

Prix Goncourt 2009

L’auteur :

Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967. Elle obtient également le prix Fémina pour « Rosie Carpe ».

Categories: Passion

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