1934, Marie-Laure devient aveugle à l’âge de huit ans. Elle vit seule avec son père qui est serrurier en chef du musée d’histoire naturelle à Paris. Habile de ses mains, il construit une maquette du quartier où ils vivent, afin qu’elle apprenne à s’y déplacer sans peur. Il lui construit régulièrement des casse-têtes où d’ingénieux systèmes lui permettent d’y cacher des objets.
Son univers est partagé entre le musée et son appartement, entre sa passion pour les mollusques et les coquillages et la lecture en braille. Mais la guerre arrive et ils se réfugient dans leur famille à Saint-Malo.
Werner est allemand. Orphelin, il vit avec sa sœur Jutta et d’autre enfants dans un foyer dirigé par Frau Elena, avec qui il apprend le Français. Il est passionné par la radio. Il réussit à s’en confectionner une et à capter des émissions scientifiques en langue française, émission qui les fascinent, lui et Jutta. Son avenir tout tracé de mineur, dans cette région industrielle qu’est la Ruhr, l’angoisse. Son père est mort dans la mine. Il échappe à ce destin en étant sélectionné pour entrer dans une école de la Wehrmacht où seuls les meilleurs sont admis.

Ce récit alterné entre les deux enfants, puis les deux adolescents entre 1934 et la fin de la guerre, dresse un portrait sans concession d’une époque où finalement tout le monde est dépassé par les événements. Werner, bien que percevant la brutalité de ce qu’il vit à l’armée, n’a pas les ressources de s’y soustraire. Happé par la guerre comme tout le monde, il subit les campagnes qui lui font faire le tour de l’Europe jusqu’à l’emmener à Saint-Malo.
Marie-Laure n’a d’autres repères que ceux donnés par son père, une nouvelle maquette dans la ville bretonne et tout son courage lors du bombardement allié qui détruit la ville. Pour sauver sa fille et se soustraire des griffes d’un officier allemand spécialisé dans les œuvres d’art et les bijoux.

Sans pathos, cette histoire met en scène des personnes ordinaires qui vivent une période extraordinairement violente. C’est cette proximité, cette empathie que nous avons avec les personnages qui fait qu’on ne les quitte pas tout de suite, comme s’ils étaient réels. C’est vraiment une belle histoire, où les moments de se réjouir sont rares, ce qui ne fait que de les rendre plus précieux.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, Anthony Doerr
Albin Michel

Categories: Guerre, Roman

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