Co-animateur d’un master « tourisme et handicap », Frédéric Reichhart expose l’évolution de l’accès aux loisirs touristiques des personnes en situation de handicap de France. La préface rappelle l’évolution des mentalités qui résulte de la lutte opiniâtre pour obtenir ce qui semble (presque) aller de soi aujourd’hui : l’accès à l’autonomie et à la citoyenneté.

L’auteur organise son ouvrage par type de déficience, rassemblant dans les mêmes sections la description de l’offre, principalement associative.

En amont du tourisme adapté, on  trouve l’association des Paralysés de France, (APF) laquelle, dès 1936, crée des séjours de vacances.  L’offre touristique à destination des personnes déficientes mentales tient à l’émergence d’associations de parents, parmi lesquelles l’UNAPEI, Union Nationale des Amis et Parents d’Enfants Inadaptés. De son côté, l’Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), propose un accompagnement aux loisirs. On voit ainsi se développer des séjours en intégration, au milieu de bien-portants, aussi bien que des offres individuelles et familiales. Une charte et des aides financières encadrent ces programmes.

Les personnes atteintes de déficiences de la vue et de l’ouïe ont besoin d’adaptations particulières. Des associations gestionnaires proposent des établissements adaptés. D’autres privilégient l’accès aux loisirs ou aux voyages. Des sites internet détaillent cette offre.

Le livre passe en revue près de 3000 structures, plus d’un million de places. Dans les institutions également, les bénéficiaires sont répartis par type de handicap, secteurs enfants et adultes confondus. Ce qui pose la question du lien entre tourisme et thérapeutique, particulièrement en milieu psychiatrique.

Le mouvement scout offre des places. Les colonies de vacances sont une autre modalité, avec 70 000 encadrants, selon les chiffres ministériels de 2002 : séjours intégrés en centres ordinaires, séjours sectoriels, où ne se trouvent que des enfants en situation de handicap.

Ce tourisme sectoriel jouit d’une règlementation appuyé sur une charte nationale de qualité, destinée à améliorer son image et son fonctionnement. Mais ce mode de fonctionnement est en recul par rapport à une offre plus commerciale. En effet, ce type de vacances appelle un encadrement supérieur, en raison de l’accompagnement aux gestes de la vie quotidienne.  Faut-il confier ces tâches à des bénévoles ou à des aidants disposant d’un statut ? La logique associative, c’est-à-dire du bénévolat, notamment par le biais de la structure APF-Evasion, reste puissante. Dans ce contexte arrive la loi du 11 février 2005, qui subordonne l’ouverture d’une structure à une autorisation préfectorale, et qui clarifie la position de l’encadrement, mais sans formation.

Intervient alors la création de l’association Tourisme et Handicap (ATH), organisme paritaire cherchant des compromis en matière de vacances accessibles, qui met en place une labellisation.  Enfin, l’enseignement du handicap figure dans le cadre des formations tourisme. Ainsi, la mobilisation associative des pionniers débouche-t-elle sur des offres complémentaires et diversifiées, hétérogènes, au service de l’être singulier.

L’ouvrage organise, avec le regard objectif du sociologue, l’offre de vacances à destination des personnes en situation de handicap. Toutefois, les sources règlementaire et institutionnelle tenant du discours officiel des opérateurs, devront être croisées avec la parole des bénévoles comme des bénéficiaires, très nombreux. La parole aux adhérents et aux militants : ce champ est peu exploré.

Tourisme et handicap, le tourisme adapté ou les loisirs touristiques des personnes déficientes

L’auteur : Frédéric Reichhart



Categories: Education, Passion, Société

1 réponse actuellement.

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter