Tahar Ben Jelloun

Ecrit par Hervé 1 Commentaire

Après six mois de « révolutions arabes », les réflexions de l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun ne pouvaient qu’intéresser le public qui s’est présenté en nombre au château de l’Ile à Ostwald.
L’auteur vient juste de sortir deux essais qui sont complètement dans l’actualité : « L’étincelle : révoltes dans les pays arabes » et « Par le feu », écrits car « un écrivain doit saisir l’évènement ».
Le lauréat du prix Goncourt 1987 n’hésite pas à fustiger les pouvoirs illégitimes qui étaient en place en Tunisie et en Égypte, et ceux qui le sont toujours comme en Libye.  « Ces hommes ont confisqué le pouvoir à leur compte, niant totalement l’existence de l’individu ». Sur la Tunisie, il cite un ami : « voilà le résultat quand on laisse gouverner un ancien flic et une coiffeuse ».
Interrogé sur les connivences qui ont existé pendant plusieurs années entre ces pays et la France, Tahar Ben Jelloun n’est pas trop sévère, même si d’après lui il y a un choix à faire entre être exigeant ou s’en accommoder. Il confie même que lors d’un récent entretien avec Nicolas Sarkozy concernant l’accueil fait à Khadafi lors de sa visite en France en 2007 et les largesses qui lui ont été accordées, le chef de l’état lui aurait répondu ceci : « c’était une promesse faite en échange de la libération des infirmières bulgares ».
L’écrivain est moins loquace sur les situations au Yémen ou en Syrie, affirmant « compliquées » les solutions pour mettre fin aux massacres de population.
Cet euphémisme marque la limite de la conversation quand l’homme a un discours plus politique que philosophique et c’est dommage. On n’attend pas de Ben Jelloun de prôner une intervention militaire ou quoi que ce soit mais un point de vue au-dessus de la mêlée, ce qui n’a pas été le cas sur ce sujet.
J’ai tendance à penser que l’écrivain marocain n’était pas dans un très grand jour, l’intensité de la conversation se faisant moindre au fur et à mesure que le temps passait.
Mais un auteur se doit avant tout d’être lu, c’est par ses écrits qu’il s’exprime le mieux et de ce coté là Tahar Ben Jelloun n’a absolument rien à prouver.

Éditions Gallimard



1 réponse actuellement.

  1. Hervé dit :

    Tahar Ben Jelloun aurait fait un léger malaise dans l’après-midi, confirmant ainsi sa « petite forme » du déjeuner.

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