Miles Heller, un brillant étudiant de New York promit à un bel avenir, entre un père éditeur à succès et une mère célèbre, s’enfuit après la mort de son demi-frère pour errer à travers les Etats-Unis. Il vit de petits boulots, se délestant de toute contrainte matérielle. Dans son dernier job il vide les maisons abandonnées par des familles endettées qui ne peuvent plus rembourser leurs prêts.
La crise des subprimes est le premier thème abordé concernant l’Amérique d’Obama au travers de ce boulot particulier qui consiste à récupérer ce que les familles expulsées n’ont pas pu ou voulu emporter avec elles. Mais c’est surtout par les personnages du roman qu’est d »écrite une situation économique et morale qui semble désormais très éloignée du rêve américain.
Miles, qui doit précipitamment quitter la Floride et la jeune fille qu’il aime, débarque dans un squat à Brooklyn où il va cohabiter avec Nathan, son seul lien avec son ancienne vie durant 7 ans, Ellen une artiste agent immobilier et Alice qui travaille sur sa thèse. Il va tenter de renouer des liens avec sa famille, mais chaque personne a vécu cette absence de façon différente et on comprend (et on sait aussi avec Paul Auster) que l’idée d’un « happy end » à la sauce hollywoodienne est totalement exclue, ce sera forcément plus compliqué que cela.
Le roman passe d’une personne à l’autre, explorant les mêmes situations vues par chacun et on suit avec attention et délectation les différents points de vue, les erreurs d’interprétations mais aussi les arrangements entre amis, qui sur une même situation on parfois des intérêts divergents.
Il y a un très intéressant parallèle avec le film « Les plus belles années de notre vie » (que je n’ai malheureusement pas vu) de William Wyler qui est largement évoqué et qui traite de ce que sont devenus les GI à leur retour de la 2nde guerre mondiale, avec en filigrane le retour programmé des soldats en poste en Irak.
Il y a aussi quelque chose de décourageant dans cette librairie dont les affaires périclitent dans une Amérique où on ne lit plus.

C’est un roman mélancolique et pas franchement optimiste mais encore une fois écrit de manière hypnotique par Paul Auster, dans le sens où dès que j’attaque un de ses bouquins je me sens comme un lapin dans les phares, dans l’impossibilité de détacher mes yeux de cette prose géniale.

Sunset Park, Paul Auster
Actes Sud

L’auteur :
Paul Auster est un écrivain américain né 1947 à Newark, New Jersey (USA)

Categories: Passion

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