Dans la lignée des écrivains voyageurs tels Nicolas Bouvier et Bruce Chatwin, Sylvain Tesson nous convie à une aventure géographique.
L’auteur, géographe de formation et membre de la Société des Explorateurs Français, nous emmène de Sibérie en Inde sur les pas des évadés du Goulag en avalant en 9 mois 6000 km à pied, à cheval et à bicyclette.
L’originalité de ce périple est qu’il s’inscrit dans une logique longitudinale nord-sud alors que les hordes nomades, les marchands de soie, les jésuites et les grands conquérants se sont toujours déplacés suivant une logique latitudinale en restant scrupuleusement dans la même ceinture bioclimatique. Les zeks ou prisonniers du Goulag échappaient à la règle et croisaient vers le sud.
Le livre est rythmé par la géographie physique et humaine zonale d’Irkoutsk à Calcutta.
La taïga de Sibérie nous permet de rencontrer Stepan, unique sentinelle d’un village abandonné en 1991 après l’implosion de l’URSS ; Sacha, bûcheron solitaire vivant dans une isba ; Iadviga, déportée lituanienne restée sur les lieux de son exil … et quelques ours sur la rive orientale du lac Baïkal.
La traversée de la steppe de Mongolie se fait sur le dos d’un fier destrier «Slavomir» où de rares et providentielles yourtes rompent le décor d’une «régularité effrayante» selon Custine.
A la monotonie de la steppe succède l’aridité du désert de Gobi où la continentalité génère des températures extrêmes : – 45°C à + 35°C. «Slavomir», fils des vertes steppes, est échangé contre un cheval plus adapté aux rigueurs du désert. Les 500 km du désert de Gobi chinois sont parcourus à bicyclette sur un «glacis caillouteux désespérément uniforme».
Le plateau tibétain fait suite au lœss du Gobi chinois et c’est à coups de pédales que l’auteur relie Golmud à Lhassa. Le temps de visiter le Potala, l’auteur quitte la Sainte Capitale transformée en garnison militaire et en supermarché chinois (j’insiste sur le pluriel de chinois).
Des cols enneigés à plus de 5000 m d’altitude conduisent Sylvain Tesson du Tibet au Sikkim, ex-petit état indépendant devenu indien et coincé entre le Népal et le Bhoutan. La glace et les rochers du versant nord du massif himalayen protégé de toutes précipitations contrastent avec la fertilité du versant sud abondamment arrosé par les moussons. Darjeeling au Bengale constitue un retour à la civilisation, retour couronné par l’arrivée à Calcutta, la Cité de la Joie.
Le photographe Thomas Goisque a rejoint Sylvain Tesson à quatre reprises sur le périple : en Sibérie et en Mongolie, à Lhassa et à Darjeeling. Le livre est agrémenté de nombreuses photographies.
Un carnet de voyage à emporter dans un sac de … voyage.

Sous l’étoile de la liberté, Sylvain Tesson
J’ai Lu

L’auteur :
Sylvain Tesson est né en 1972. Il est écrivain et voyageur



Categories: Aventures

About Vincent Stoffel

Liseur occasionnel Ami d'Hervé

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