Antoine (j’aime ce prénom, c’est doux), un homme romantique, sensible, exigeant en amour et… qui a peur d’aimer.

Comme pour « Et n’attendre personne » c’est un récit intime, les états d’âme, contradictions et difficultés d’un homme et j’aime ça. Des moments délicieusement romantiques, des scènes de baise et le malaise qui les accompagnent au petit matin, des sentiments puissants et la difficulté de se laisser aller à aimer vraiment… Antoine cherche sa perle rare, la trouve peut-être… ou non… Les échanges sont savoureux, encore un livre qu’on ne lâche plus.

L’écriture est très belle et pleine de poésie, de très nombreux passages enchantent, nourrissent et transportent. Merci à Eric de nous emmener encore une fois dans les pensées secrètes d’un homme attachant.

Quelques partages (à ne pas lire si vous voulez garder intacte la découverte complète de ce roman) :

P.8
Elles ne me font jamais mourir d’amour, juste de dégoût quand je retrouve une petite culotte titanesque, oubliée au fond du lit, une trace éphémère au fond d’un océan. Depuis le 14 avril 1912, personne n’a coulé aussi profond.

P.14-15
Je pensais à nos jours d’été à Cuba, aux cafés de la Havane, à la saison des tournesols, aux falaises d’Etretat avec le chien qui court plus loin sur les galets, aux marchands de marrons chauds du dernier hiver, aux derviches tourneurs de Damas, à son anniversaire, aux billets d’avion pour l’Italie mélangés à la crème chantilly, à ce voyage sur l’île de Salina. Des aéroports gorgés d’amour et puis des heures d’errance. Elle était dans toutes mes pensées, le parfum de son savon orange-cannelle collé au deuxième oreiller. J’ai fouillé la Voie Lactée, j’ai laissé des messages aux deux cents milliards d’étoiles. Pas de Clara dans l’univers, pas un signe de vie dans l’atmosphère, pas de porte qui s’ouvre sur des doutes qui s’effacent. Juste un cœur renversé sur le trottoir et des larmes fondues dans le caniveau.

(… pas de porte qui s’ouvre sur des doutes qui s’effacent … c’est beau !!… ça, c’est quand il est malheureux … attendez de lire les passages où il tombe amoureux !! )

P. 37
Dans ce bar feutré de rouge, le Concerto de Schumann dans les tweeters, je flippe sur le flipper, je ventile près du ventilateur, je dégouline à côté du dégoulineur. Dix-sept cigarettes plus tard, elle entre, encore plus belle que dans mes proches souvenirs.

(C’est drôle et efficace… je m’amuse !)

P.44
La dimension d’une histoire qui commence manquera toujours au quotidien de la plus belle histoire d’amour ( ! ).

P. 113
Un peu de temps est passé. Trop pour se sourire, pas assez pour s’oublier…

Ce livre est truffé de modulations délicates. Les chapitres sont très courts. C’est rythmé et très agréable. Mon seul regret : j’aurais aimé 2 chapitres de plus pour vivre avec plus d’émotion le dernier rebondissement.

Très bel objet de 133 pages qui va plaire infiniment.

Solo, Eric Genetet
Le Verger


Categories: Roman

1 réponse actuellement.

  1. Sabine dit :

    Je n’avais pas lu le commentaire précédent avant de rédiger le mien et je me rends compte qu’ils se rejoignent sur plusieurs points !!!
    Je vous livre mes impressions:

    « Solo » d’Eric Genetet est un livre surprenant à plusieurs titres: des époques différentes de la vie d’Antoine, le personnage principal, l’homme qui avait peur d’aimer, se mélangent, ses rêves se mêlent à la réalité….jusqu’à la changer ?
    Ce récit est une introspection d’Antoine qui fait un bilan de sa vie et conclut que « depuis le 14 avril 1912,personnne n’a coulé aussi profond » (p.8) et qu’il est « un sado-maso-manquiste » (p.90)
    Certaines répliques m’ont beaucoup fait sourire comme « je flippe sur le flipper, je ventile près du ventilateur, je dégouline à côté du dégoulineur » (p.37) ou « les soirées sans l’autre, nous communiquons par SMS, lien épistolaire avec complicité des satellites » (p.55)
    D’autres répliques méritent d’être retenues, telle « la solitude mène au bonheur » (p.27) ou « la dimension d’une histoire qui commence manquera toujours au quotidien de la plus belle histoire d’amour » (p.44)
    Mais je crois que mon passage préféré est «  » Jane. Ce prénom entre dans ma vie comme un corps nu dans l’eau glacée. C’est bon et douloureux en même temps. » (p.50)
    Personnellement j’ai adoré les jeux d’Antoine comme « placer plusieurs fois un mot curieux dans une conversation » (p.45-46) ou le jeu des Post-it (p.64)
    Beau livre pour cet été !

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