Avec un titre comme celui là, on sait à peu près à quoi s’attendre dans ce roman écrit par Isabelle Alonso, fondatrice des fameuses chiennes de garde.
Je dois avouer que j’y allais avec un peu de réticence, ne sachant pas trop jusqu’où serait poussé le discours féministe.
Les premières pages sont assez désarçonnantes : …Kim, se réveille dans le dortoir de son pensionnat, se débarrasse de sa nuisette et pose devant la glace « comme dans les magazines de charme ». Et alors me direz-vous ? Et bien Kim est un homme. Pas un travesti ou un transsexuel, juste un homme comme les autres mais dans un monde matriarcal ! C’est le postulat du roman, les rôles sont inversés. Et une fois qu’on est habitué à cela (et ce n’est pas du tout évident), j’avoue que je me suis souvent bien marré.

« Elle » était donc une fois, Kim et Loup, deux jeunes hommes dit du « sexe faible » qui entrent dans la vie active comme stagiaires. L’un va travailler dans une des plus grosses entreprises de lingerie pour homme, Oh ! Bad ! (ça ne s’invente pas…), l’autre va entrer comme assistant parlementaire et essayer de défendre la cause « hoministe » (les néologismes sont légion).
Je pense qu’Isabelle Alonso a d’abord dû bien s’éclater en imaginant tout ce que pourrait être une société qui donne aux hommes un rôle différent. On s’amuse des tendances de la lingerie masculine : étuis péniens, coques testiculaires et j’en passe. La soirée au Crazy Bull Saloon, où de jeunes hommes font des strip-tease sophistiqués devant des femmes d’affaires de sortie, vaut son pesant de cacahuètes ! Vous en apprendrez aussi sur les dernières tendances de l’épilation masculine…

Alors bien sûr derrière l’humour il y a une volonté de faire prendre conscience de la difficulté d’être d’un sexe quand un autre domine tout, même le vocabulaire courant. Sans être forcément d’accord avec tout ce que l’auteure dénonce, on est quand même frappé par les rôles qui sont alloués aux uns et aux autres et on ne peut que s’interroger sur ce qui est vraiment de l’inné ou de l’acquis dans notre société. Et il est fort aisé de reconnaître des choses que nous vivons au quotidien dans les comportements masculins. A ce titre la parodie d’un article de Maurice Druon paru dans Le Figaro en 1997 est édifiante.
J’ai eu pas mal de difficultés dans les dialogues à visualiser quel sexe tenait tel ou tel propos, idem pour des attitudes et des réflexes qu’on prête généralement aux hommes ou aux femmes. Quant à imaginer une société où les hommes se maquillent et portent des chaussures à talons sous les regards de femmes prédatrices, c’est n’est pas évident non plus ! Nous ne sommes pas des hommes-jouets !

C’est une vision masculine qui vous est livrée ici. Il faudrait l’avis de lectrices pour savoir comment elles ont reçu ce bouquin. Le débat serait passionnant à coup sûr.

Roman à l’eau de bleu, Isabelle Alonso
Éditions Héloïse d’Ormesson

L’auteure :
Isabelle Alonso est née à Auxerre

Ce roman d’Isabelle Alonso est sorti en 2003 chez Robert Laffont, mais a été « largement remanié » par l’auteure pour cette édition.

Categories: Humour, Passion

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