Avec son roman Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan essaie de comprendre le suicide de sa mère. Elle décrit l’enfance de Lucile (sa mère) et sa vie d’adulte qui débute réellement à la naissance de l’auteur. Elle dresse le portrait de sa famille, remontant jusqu’aux grands-parents, se concentrant sur sa mère, une femme délirante, souvent absente, fantasque, et en même temps merveilleusement présente. Elle n’est pas ordinaire et l’auteur récolte les témoignages des uns (la famille), des autres (les amis, les amants) pour tenter de la cerner, faisant preuve de sensibilité et de tendresse. On s’attache rapidement aux personnages.

Dans ce récit, on découvre également l’envers du décor, celui qu’une famille ne montre pas habituellement, des vérités cachées souvent honteuses. On découvre la force des liens tissés entre tous les membres de cette famille qui se resserre autour de ses malades et de ses morts, et l’aptitude de la maison de Pierremont à demeurer le lieu où les générations se rassemblent. « Ma famille », annonce Delphine de Vigan sur la quatrième de couverture, « incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire….illustre comme tant d’autres familles le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. »

Elle revient brièvement sur ses années d’anorexie, sujet de son premier livre, Jours sans faim, et raconte que son psychiatre lui avait demandé de s’asseoir sur les genoux de sa mère, libérant des émotions refoulées jusque là.

Avant de lire Rien ne s’oppose à la nuit, j’éprouvais une grande curiosité. On parle de plus en plus de Delphine de Vigan, son livre No et moi est étudié par les élèves dans les collèges.

Son roman Rien ne s’oppose à la nuit m’a inspiré des sentiments très différents : au début, j’ai été séduite par l’histoire, le style de l’auteur (riche, varié et maîtrisé), j’ai moins aimé les passages qui décrivent le travail d’écriture (je les ai trouvés longs au début mais finalement ils s’intègrent bien à la structure du livre et apportent une autre dimension). Finalement, je l’ai lu jusqu’au bout, curieuse de connaitre la fin. C’est donc un livre que je conseille à tous ceux qui aiment les histoires bien écrites, en particulier si vous vous intéressez aux histoires de famille, de construction d’une personnalité…

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan
JC Lattès

L’auteure :
Delphine de Vigan est née en 1966 à Boulogne-Billancourt

Categories: Roman

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