Cette histoire nous propose un récit à tiroirs qui se déroule à Marseille de nos jours et dans la même ville pendant l’occupation.
Le juge Galtier est saisi d’un dossier sur la mort d’un vieil homme, Théodore Fontsec qui a été lardé de coups de couteau. L’enquête écarte rapidement le crime crapuleux et bizarrement l’octogénaire, bien que riche et ayant des relations, est un modèle de discrétion bien difficile à cerner.
Nous faisons la connaissance à la même époque de la directrice d’une école privée, répondant au doux nom de  Marie-Hortense Rochefort-Beloiseau qui a accepté d’intégrer dans ses murs une adolescente, Charlotte, pour rendre service à son père envers qui elle était redevable.
La jeune fille déteste ses parents et c’est réciproque.
Dans les années 40, Théodore Da Fonseca est lui un jeune policier et qui grâce aux relations de son père va profiter de sa position pour s’enrichir et se faire des amis. Sur les conseils paternels, il va éviter de s’exposer en ne récupérant que les « miettes » de butin afin de ne pas attirer l’attention, le vent pourrait tourner un jour…

Vous l’aurez compris, les liens entre les différentes affaires vont se faire jour au fil des pages. Je pense que c’est un voeu de l’auteur de ne pas chercher à cacher toute l’histoire, de façon à nous laisser croire que tout va être évident. Car bien entendu, les secrets de famille sont toujours bien plus compliqués que ce que la surface des choses peut laisser croire.
L’écho des comportements (quels qu’ils furent) pendant la 2ème guerre mondiale est encore puissant de nos jours.
Il y a quelques personnages qu’on pourra qualifier de secondaires, comme la femme du juge ou le flic qui semblent ne pas être très intéressés par l’affaire, mais dont l’influence est grande. Ils sont importants et éclairent parfois les faits différemment.
L’auteur nous livre aussi une certaine réflexion sur la justice ou du moins sur le métier de juge d’instruction (il l’a été et aussi juge pour enfants).
Très bien écrit, ce roman se lit sur plusieurs niveaux et sort vraiment des sentiers battus du polar traditionnel. On pourrait le qualifier de roman policier historique et social. Le suspens va crescendo, savamment dosé et chaque interrogation est levée une à une pour éclairer le tableau final.

A tiroirs, vous disais-je.

Restez dans l’ombre, André Fortin
Jigal

L’auteur :
André Fortin est né en 1946 à Aïn-Taya (Algérie)

Categories: Policier

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