Le début du roman est digne des meilleures scènes d’action : un homme dans un village est brusquement assailli de toutes parts, d’abord par deux types qui manifestement ne s’attendaient pas à tomber sur quelqu’un qui sait se défendre. Puis par de nombreuses forces de l’ordre qui l’encerclent. « La cible » (ou Martin Martin, on n’en saura pas plus sur lui) s’extirpe du guet-apens qui lui est tendu grâce à une préparation de longue date. L’homme sait des choses qu’il vaudrait mieux parfois ignorer et se prépare depuis de nombreuse années à être éliminé ou au moins être arrêté pour des raisons fallacieuses, comme terroriste par exemple. Pour avoir l’opinion publique avec soi, combattre le terrorisme il n’y a pas mieux.
Il faut dire que son existence gêne jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat. Quand on a maille à partir à partir avec des politiques, même les plus vieux amis ne sont pas forcément fiables. Gauchiste dans sa jeunesse, « La cible » a fréquenté des  types qui sont maintenant chefs de grandes entreprises ou d’anciens trotskystes qui sont devenus des hommes politiques de premier plan. Si vous pensez à quelqu’un en particulier, vous n’aurez certainement pas tord.

Le livre n’est pas tendre pour les hommes politiques en règle générale, qu’ils soient de tel ou tel bord. Les amis d’hier ont souvent beaucoup changé et l’accès au hautes responsabilités de l’État donne un sentiment d’invulnérabilité et de toute puissance. Ceux qui gravitent autour comme les conseillers, font tout pour s’attirer leurs bonnes grâces pour surtout de pas perdre une position qui elle aussi est source de privilèges.
Un des plus gros problèmes de ces élus reste la presse. Si on ne peut pas (toujours) la faire taire on peut au moins essayer de la manipuler. Et quand elle se présente sous la forme d’une jeune femme sublime, pourquoi ne pas essayer de joindre l’utile à l’agréable ? Car la journaliste qui va s’emparer de l’affaire, qui va la lever même, outre un QI au-dessus de la moyenne, possède un physique de rêve (ce qui n’est absolument pas incompatible et tant mieux !).

Entre ses anciens amis et ses nouveaux ennemis (et réciproquement), « La cible » possède une marge de manœuvre des plus minces. Les raisons de sa traque vous feront forcément penser à des affaires passées qui ont encore des échos aujourd’hui. Et à des hommes qui sont encore présents dans la vie politique française. Manifestement, même si on ne fait plus la « Une », on a encore pas mal de pouvoir.
Comme nous sommes prévenus dès le début du livre que bien qu’étant une fiction, le tout est inspiré de faits et de personnages bien réels, la lecture se fait avec une arrière-pensée permanente.
Je, tu, ils, tout le monde cherche quelque chose ou quelqu’un dans ce bouquin ! Mais chut, si vous détenez une information, restez discret…

Réseau d’état, Hugues Leforestier
Jigal

L’auteur :
Hugues Leforestier est né en 1952. Il est directeur du Caveau de la République à Paris.

Categories: Policier

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