Régénération par la marche afghane : la respiration au service de la santé, Edouard G. Stiegler

Une fois n’est pas coutume, je serai peu élogieux quant à ce livre que j’ai lu jusqu’au bout. L’objet de ma contribution sera ici de vous faire économiser 13 Euros, prix prohibitif pour un ouvrage de 77 pages aux écrits redondants. Pour être précis, j’ai acheté la réédition 2009 de l’ouvrage publié chez Guy Trédaniel Editeur à Paris.
Edouard G. Stiegler a profité d’une mission d’assistance économique en Afghanistan pour observer les nomades caravaniers, aptes à marcher soixante kilomètres par jour sans fatigue a priori.
Je ne connais pas les aptitudes d’anthropologue de l’auteur mais je souris quand il explique qu’il a préféré observer par lui-même les nomades à distance plutôt que de faire intervenir un tiers risquant d’effaroucher les fiers nomades voire d’interférer au niveau de la transmission de l’information. Et pour observer la ventilation des nomades, il a attendu sagement que la température décroisse afin d’observer à distance les flux ventilatoires matérialisés par de la vapeur d’eau visible.
Je signale ici que seuls les flux expiratoires sont visibles, ce qui limite l’étude.
Quant aux aptitudes de physiologiste de l’auteur, je n’ai aucun doute : un économiste (l’est-il ?) ne peut s’improviser médecin physiologiste.
Voici la substantifique moelle de l’ouvrage : la respiration est synchronisée sur le pas selon le rythme de base 3 – 1/3 – 1. Inspiration sur trois pas par le nez, apnée en inspiration sur le quatrième pas puis expiration sur les trois pas suivants par le nez et apnée en expiration sur le huitième pas. Cela sur un terrain sans déclivité. Quand la pente survient, le rythme devient 2/2 tout simplement pour respecter la physiologie respiratoire qui nous apprend que la fréquence respiratoire augmente à l’effort. Et, dans les montées, les apnées tant expiratoires qu’inspiratoires deviennent un luxe que l’organisme ne peut se permettre.
Exercice pour réagir : sur le rythme de base 3 – 1/3 – 1 en scandant JE REA GIS – pause inspiratoire/JE REA GIS – pause expiratoire.
Autre concept fumeux : la suroxygénation ! Cette notion impose un enrichissement de l’air inspiré en oxygène (supérieur aux 20% de l’air atmosphérique) ou une augmentation de la pression de l’air inspiré (hyperbarie) ou les deux. La marche afghane ne permet donc pas la suroxygénation.
Pour porter l’estocade finale : l’ouvrage commence par une introduction géographique sur l’Afghanistan. Quatre cartes illisibles se disputent pour un concours d’indigence dans la présentation : une carte administrative page 13, une carte hydrographique page 15 et, enfin, une carte des productions agricoles et une carte des ethnies page 18.
Quelle incurie et quelle malhonnêteté intellectuelle dans l’élaboration de ce livre !
Un conseil de marche afghane : 3 – 1/3 – 1 LI VRE NUL pause inspiratoire/LI VRE NUL pause expiratoire.
Je ne critique pas la marche afghane mais l’ouvrage.

Régénération par la marche afghane : la respiration au service de la santé

Editions : Guy Trédaniel

L’auteur : Edouard G. Stiegler est parti en Afghanistan pour remplir une mission économique.



Categories: Divers

About Vincent Stoffel

Liseur occasionnel Ami d'Hervé

5 réponses actuellement.

  1. Je pratique la marche afghane depuis 2011 et je l’enseigne aussi, je n’ai eu que des retours positifs et question rythme j’ai essayé tous les rythmes du livre et je vous invite à regarder du côté de « l’art de la respiration », vous y trouverez des rythmes et des explications.

    essayez 4-4 6-2
    4 inspire
    4 pause
    6 expire
    2 pause

    c’est normalement un rythme à faire assis ou couché mais avec de l’entrainement sur du plat et en légère descente, je l’adore et je ne suis pas la seule

    belle journée

  2. karam dit :

    J’ai acheté le livre et je comprends votre réaction, l’auteur ne s’est pas foulé. Mais en dehors de ce livre y a t’il une description de cette marche afghane? Vous ne parlez pas non plus du rythme 4/6 qui à mon avis est meilleur. Je suis prof de yoga et j’ai cherché plusieurs rythmes respiratoires en marchant avant de connaitre ce livre. Le plus naturel c’est 5/6 pour moi. Avez vous essayé? Je pense que vous discutez les annexes: les cartes, l’observation, au lieu de discuter l’essentiel: le rythme.

    • François dit :

      S’agit-il d’une critique du livre ou de la technique? Dans le premiers cas il mérite effectivement une mauvaise note. Par contre il s’agit du texte fondateur d’une pratique qui compte maintenant pas mal d’adeptes et pour en apprécier le mérite il faut l’expérimenter. Bref c’est un mode d’emploi et a se contenter de le lire on peut critiquer mais on passe à côté de la réalisation. En fin de compte on a rien compris…

      • karam dit :

        C’est une critique du livre et de votre non discussion des divers rythmes possibles, la technique je la pratique presque à chaque promenade sur le rythme 4-6. Après une mise en train sur 4-4, le passage se fait automatiquement à 4-5 puis 4-6 en terrain plat. Sur les sites qui parlent de marche afghane on recommande en général un rythme plus long que celui que vous suggérez 3-1-3.
        L’apnée intermédiaire est tout à fait contraire à ce qu’on fait en marche chi cong et à une fluidité naturelle. Quel avantage trouvez vous à votre rythme court avec apnée?
        Peut être que 3-1-3 est bon pour les personnes à petite capacité pulmonaire et poul rapide? Et vous le proposez pour les débutants? Mais sinon ça me parait inadéquat pour un pratiquant habituel de la marche afghane.

  3. myriam dit :

    Tout un programme ! Ca donne envie d’etre lu
    Merci
    Myriam
    myriam recently posted..Psychologue clinicien à Paris 12My ComLuv Profile

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