Dans les premières années de sa vie, David est élevé par sa tante et sa grand-mère, sa mère étant incapable de s’occuper de lui seule. Puis elle rencontre Didier et décide de s’installer avec lui, reprenant du coup son fils avec elle.
Pour David, dans un premier temps c’est une excellente nouvelle car non seulement il va être avec sa mère mais il va avoir une figure paternelle à qui s’identifier.
Malheureusement, la vie du petit garçon va plonger dans un véritable enfer. Il va être victime de maltraitances aussi bien physiques que psychologiques. La première étant la découverte de son véritable prénom, Karim.
Plusieurs années plus tard, après avoir organisé un braquage qui a (très) mal tourné, Karim va être condamné aux assises à 10 ans d’emprisonnement.
Confronté à la brutalité de la prison, Karim va donner la seule réponse dont il est capable : la violence.

Le témoignage de Karim Mokhtari est simplement hallucinant.
D’abord on se demande comment il est possible d’être aussi cruel avec un enfant. On a du mal à s’imaginer comment il a pu survivre au jour le jour avec des gens aussi malfaisants, dénués de toute empathie. Quand son beau-père est sympa avec lui c’est qu’il y a anguille sous roche.
On comprend mieux ce que veulent dire « circonstances atténuantes » et la baseline du livre : « Itinéraire d’un enfant cassé ».

Le sujet principal du livre est la dénonciation des conditions de vie dans les prisons françaises. C’était le destin tout tracé de Karim d’y arriver. Il est d’ailleurs assez lucide pour l’accepter.
Ce qu’il n’accepte pas, ce sont les conditions de vie. Etre plusieurs dans une cellule, coucher par-terre la tête prêt des toilettes, les rares douches, ne pas  manger à sa faim ou encore le mitard, qu’il découvrira dès son arrivée.
D’abord il faut savoir s’imposer physiquement pour ne pas subir la loi des autres, celles des co-détenus mais aussi des surveillants. Et puis pour améliorer son ordinaire pour avoir de quoi manger ou de quoi fumer, quand on a pas d’argent il faut bien se débrouiller. Et les solutions existent.

Trimballé d’un établissement à l’autre, Karim va réussir à s’en sortir au prix d’un parcours où il va franchir des murs bien plus hauts que ceux des prisons.
Pour cela il faut, n’en doutons pas, une force mentale hors du commun. Cela veut dire que pour la majorité il n’y a pas d’issue.

C’est Charlie Carle qui a écrit le témoignage de Karim. C’est une réussite, le livre est passionnant et se lit comme un polar. Et ça fait froid dans le dos.

Rédemption, Karim Mokhtari et Charlie Carle
Scrineo

Categories: Témoignage

3 réponses actuellement.

  1. Si les conditions déplorantes des prisons sont une technique pour dissuader les personnes « libérés » d’y revenir ou les malfaiteurs de continuer leurs activités… je pense que c’est un échec avéré.
    C’est pas évident de parler de loi en faveur de ceux qui l’on violés mais il existe un minimum de respect pour tout homme indépendamment de son action sur la société; et ce minimum de respect voudrait que les prisonniers soient pris en compte.

  2. Nouch dit :

    Le récit est vraiment incroyable.
    On pense connaître la situation en prison mais rien n’a de valeur aussi forte qu’un témoignage.
    J’ai été particulièrement impressionnée par les scènes de violence ordinaires.

    Ce livre est sans aucun doute un livre d’utilité publique. On n’arrive pas en prison par hasard, mais on ne s’en sort pas la tête haute par hasard aussi. Karim Mokhtari a su être acteur de sa vie, démontrant une grande force de caractère.

    A lire absolument!

    • BERNARD dit :

      je n’ai pas lu le livre , mais puisque le principal est les conditions de vie dans les prisons Francaises, il est exact ayant moi meme frequenté les etablissements penitentiaires de 1972 a 2007 date de ma derniere sortie de prison que les conditions de vie dans nos prisons sont deplorables, tout est a refaire de A a Z Combien de reformes ont eté faites, et non appliquées! Aujourd’hui je ne crois toujours pas que les conditions de détention changeront!

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