Le titre a de quoi choquer le chaland qui poserait les yeux sur la couverture sans savoir de quoi il en retourne. Et l’histoire est en droite ligne… pour ne pas dire en ligne de front.

Ce roman se compose de deux parties:  la première est une alternance des discussions entre Vic et Amédine qui fut une amie de sa grand-mère Victorine dont elle porte le prénom, et la lecture de lettres de Victorine à Amédine que Vic a trouvées dans un grenier. Des lettres que Victorine a écrites en 1914 mais n’a jamais envoyée à son amie et dans lesquelles elle lui fait part de son calvaire. Victorine est tombée amoureuse trop jeune et trop vite de Lucien, un bellâtre qui lui a rapidement fait un enfant. Mais le mari est violent, père à peine et la belle-mère qui partage le foyer conjugal se réjouit quant à elle de n’être plus la proie de son fils  qui lui a trouvé une remplaçante pour se défouler les nerfs.

Victorine qui n’en peut plus et n’a bientôt qu’un seul désir, une unique prière : « Que la guerre vienne ! »

La découverte de ces lettres frappe les deux femmes, la plus jeune qui se découvre des grands-parents particuliers ; un grand-père violent et une grand-mère battue et soumise. Et Amédine qui fait à présent partie d’une association féministe et qui s’en veut de n’avoir rien remarqué à l’époque.

Dans la seconde partie de l’ouvrage (que pour ma part j’ai préférée) Patricia Gavoille met en scène Lucien. Les prières de Victorine ont été entendues et la guerre est là. Lucien est sur le front, dans les tranchées. Je m’attendais à le découvrir lâche aux prises avec la mort et la violence des combats, ce qui eut été bien prévisible, mais j’ai été surpris de découvrir que l’homme était tout à son aise dans cet univers sombre et cruel. On y découvre toute la noirceur du bonhomme et du coup la première partie du roman et le désespoir de sa pauvre épouse en particulier prend un relief nouveau.

Je ne vous conterai pas la fin mais elle est heureuse…

Au final, c’est un beau roman qui donne une vision éclairée de la condition des femmes à l’aube de la première guerre mondiale et de la condition des hommes durant celle-ci. Féministe sans tomber dans la haine du mâle et au bout du compte très humain.

Que la guerre vienne !, Patricia Gavoille
Gunten

Categories: Historique

About Christophe

Lecteur mais aussi (plus modestement) auteur, je vous invite à découvrir mon nouveau livre "Chroniques boulangères réalistes et utiles, Tome 2 : M. Menthol et les rongeurs" dont des extraits gratuits sont disponibles sur ce site.

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