Pendant cette période inédite et très particulière de confinement, nous vous proposons de découvrir des témoignages de personnes de tous horizons. C’est une façon de partager ce moment singulier -et quelque peu effrayant- pour découvrir comment chacun le vit à sa façon. Bon courage à tous, prenez soin de vous !

Quand on vu les Chinois monter des hôpitaux à vitesse « grand V », on aurait pu se douter de quelque chose. Quand ils ont confiné des millions de personnes, ça aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. On a préféré retenir la performance comme s’ils avaient construit des pyramides. Et on se disait que de retenir autant de gens chez eux de cette manière-là, c’était bien digne d’un état totalitaire (ce qui n’est pas faux quand même). On a vu et entendu les médecins, les spécialistes, les consultants TV à plein temps, nous expliquer que cette « grosse grippe » ne doit en aucun cas nous inquiéter. Les archives sont là pour s’en souvenir. Et quand l’Italie s’est confinée elle aussi, on s’est presque étonné de l’obéissance des Italiens et on a trouvé beaux leurs chants sur les balcons.

Quand en France la possibilité d’une catastrophe sanitaire à commencer à s’imposer, combien n’avaient toujours pas compris ?
Quand il a été recommandé de ne pas sortir, beaucoup ont continué à vivre comme si de rien n’était. Il est vrai que comme tout le monde je ne m’inquiétais pas trop. Cependant on entendait dire que les jeunes n’étaient pas touchés, ça je n’y ai pas vraiment cru. Le SIDA n’était pas une maladie d’hétéros non plus… Nous sommes tous faits pareil, ça pouvait toucher tout le monde je n’en doutais (presque) pas.
Malgré les consignes donc, on a continué à voir des gens se balader, se réunir, n’en ayant absolument rien à faire des conséquences, des vrais rebelles. Les autres, les confinés de la première heure, on a les boules car on comprend que plus les gens rechignent à rester chez eux, plus notre peine sera longue et et on vient d’apprendre que ce sera jusqu’au 15 avril minimum. On a assisté aux ruées dans les magasins d’alimentation, puis aux ruées à la campagne et aux mêmes discours imbéciles du genre « je ne supporte pas de rester enfermé… » Mais qui le supporte ? T’es pas tout seul, merde ! Je n’ajoute pas connard (asse) par pure politesse.
Et au fil des jours on s’aperçoit que le virus est de plus en plus coriace. Quand on fait ses courses on évite les gens à trois mètres, on a peur de toucher quoi que ce soit. On rentre plus vite qu’on ne le voudrait pour s’abriter, alors qu’on ne rêvait que de sortir. Et on nettoie les produits ramenés…
On assiste, Ô combien impuissant, aux polémiques, aux drames, aux fake news, au vols, aux trucs encore plus imbéciles que la veille, sachant que le fond ne sera jamais atteint. Unité nationale en temps de crise ?
Il y en a un paquet qui vont devoir s’expliquer sur la gestion de la crise, sans aucun doute. Mais après. Là il y a plus urgent, non ?
Il va falloir être fort pour garder un moral d’acier pendant de nombreuses semaines, en espérant voir le bout du tunnel un jour. Et à ce moment, quelles seront les conséquences économiques et sociétales ? Personnes n’est capable de le dire, c’est sans doute ce qui fait le plus peur. Après le virus maintenant.

Quand on vu les Chinois monter des hôpitaux à vitesse « Grand V », on aurait pu se douter de quelque chose. Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. Serions-nous des idiots ?

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