Raphaël Orgione est un braqueur de haut vol, un type dangereux, mais à l’ancienne avec une certaine éthique. Les années passées en prison l’ont convaincu d’une chose, il ne veut pas y retourner. Avec son frère William et deux autres comparses, Fred et Christel, ils réalisent un gros coup : le braquage d’une bijouterie, avec à la clé un magot qui va leur permettre de se retirer. Mais le vol tourne mal, William est blessé dans une fusillade alors que le groupe sortait, un flic et une passante sont touchés. Recherché par tous les flics de France, ils se réfugient dans un petit village où ils trouvent une vétérinaire à qui ils demandent de soigner Will qui a pris deux balles.
Pour être honnête, à ce moment de la lecture (nous sommes dans les 20 premières pages d’un livre qui en compte presque 600), j’ai pensé : « pas très original tout ça, c’est du déjà vu ». Pardon Karine Giébel, à qui je dois déjà de nombreuses belles heures de lectures, d’avoir douté, ne serait-ce que quelques pages !

En effet, Sandra, la vétérinaire, non seulement se révèle beaucoup plus coriace que prévu face à des gens traqués et motivés, mais elle met Raphaël mal à l’aise sans qu’il puisse déterminer pourquoi. Et ce n’est pas le fait qu’elle soit mariée à un gendarme (spécialiste en recherche de mineurs disparus), car des flics il en a vu d’autres. Mais ce n’est pas trop important, ils ont de la marge, le mari ne rentre que deux jours plus tard. William a le temps de récupérer un peu. Enfin c’est ce qu’il croit, car bientôt ils vont tous se retrouver dans un cauchemar qu’il était impossible de prévoir n’y même d’imaginer. Si c’est cela le purgatoire, je ne préfère pas imaginer l’enfer. Pour ce qui est des innocents, il y en a un peu, mais tant pis pour eux, il valait mieux être ailleurs.

Impossible de vous en dire plus, si ce n’est qu’on retrouve des personnages chers à Karine Giébel, forts et torturés, courageux et inconscients, dans un univers d’une violence extrême. Les femmes sont aussi féroces que les hommes et ils s’affrontent sans pitié, pas de problème de parité. L’un des personnages ferait passer certains psychopathes de la littérature pour de doux agneaux. Dans une ambiance pesante de huis clos, vous partagerez le pire dans un thriller qui vous tiendra en haleine et ne vous laissera aucun répit.

Karine Giébel continue livre après livre à nous proposer des histoires de grande qualité. Les fans ne seront pas déçus, les amateurs du genre qui ne connaissent pas peuvent y aller tranquillement. Enfin, autant qu’on puisse aller tranquillement dans un univers pareil…

Purgatoire des innocents, Karine Giébel
Fleuve Noir

L’auteure :
Karine Giébel est née en 1971 dans le Var

Categories: Thriller

1 réponse actuellement.

  1. Je viens de le terminer, en 3 jours… Pfff… il va m’être dur de me plonger dans un autre bouquin après celui-là, comme après chaque Karine Giébel !

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