Paroles, paroles, Gilles Di Marco

Ecrit par Confinement printemps 2020 Pas encore de commentaire

Pendant cette période inédite et très particulière de confinement, nous vous proposons de découvrir des témoignages de personnes de tous horizons. C’est une façon de partager ce moment singulier -et quelque peu effrayant- pour découvrir comment chacun le vit à sa façon. Bon courage à tous, prenez soin de vous !

En ce 15ème jour de confinement (du moins en ce qui me concerne), je tenais à apporter ma modeste contribution à ce blog fort sympathique. En ces temps où justement nous avons le temps d’avoir le temps de laisser notre esprit vagabonder, j’ai pu constater le côté paradoxal de l’isolement forcé lié au confinement.

La constatation est que nous avons un NMVMPJ !
Késako ? Encore une pénible abréviation de nos technocrates ? Le NMVMPJ est le nombre minimal vital de mots par jour. Cette pandémie a mis en avant des comportements bien étranges chez l’individu lambda ! Rappelez-vous… le gaulois n’avait qu’une seule crainte, que le ciel lui tombe sur la tête ! (au passage une pensée émue pour la disparition d’Uderzo le 24 mars qui a bercé l’enfance de la génération X et continue de ravir nos propres enfants et petit-enfants).
Et bien non !!! L’homme du 21ème siècle a surtout peur de manquer de papier toilette !?! Alors pour se rassurer pendant la longue attente devant les magasins il fait quoi « l’homopéqus » stressé car il ne dispose plus que de 15 rouleaux chez lui ? Et bien IL CAUSE ! Si vous avez fait vos courses ces derniers temps, cette constatation on l’a tous et toutes faite. Le quidam d’ordinaire plutôt taciturne dans les files d’attente s’est pris d’une folle envie de vouloir vous adresser la parole. Des lointains souvenirs de mes cours d’économie, j’ai conservé celui de la notion de minimum vital.

Le minimum vital physiologique est défini par ce qui est absolument nécessaire à la vie.
Le minimum vital psychologique est ce qui est considéré comme nécessaire pour mener une vie décente, conforme aux habitudes de consommation.

Force est de constater donc que le NMVMPJ est indubitablement une composante non négligeable du minimum vital psychologique. A titre personnel je me suis donc surpris à faire des « coucou » au travers des réseaux sociaux à de vieilles connaissances avec qui je n’avais pas communiqué depuis des lustres. Je crois que le besoin de parler fait partie de ce besoin vital comme celui de respirer ou de dormir. Nous avons tous ce besoin de mots comme les victimes actuelles du virus ont ce besoin d’oxygène.

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