A Marseille, plusieurs cadavres sont découverts la tête tranchée à la base du cou. Les corps ont été attachés, les cols de chemises découpés et on retrouve à chaque fois un petit verre d’eau-de-vie ainsi qu’un mégot de cigarette sur la scène de crime. Les cadavres sont ceux de prisonniers ayant purgé leurs peines et récemment libérés de prison. Tout indique que des individus ont décidé de rendre une justice à leur façon, déclarant la peine capitale à ceux qu’ils n’estiment pas assez punis lors de leurs procès. Ils l’ont fait « à l’ancienne », façon guillotine.

La commissaire Aïcha Sadia et ses hommes mènent l’enquête qui va être résolu assez rapidement. C’est une des bonnes surprises du roman, les choses ne roulent pas comme on peut le penser à priori (sauf les têtes des condamnés, bien entendu…). Abdel Charif, un des ex-taulard qui a réussi a s’extirper des pattes des prétendus « justiciers », se rend à la police pour proposer un deal à la commissaire : elle l’aide à prouver son innocence (il aurait été condamné pour meurtre à tord) en échange d’informations sur le compagnon de la jeune femme qui a disparu. Il s’agit de Sébastien, flic comme elle, dont seuls les vêtements ont été retrouvés, en tas sur la plage. Depuis elle se morfond en ne sachant ni comment ni pourquoi il est mort.

Je vais m’arrêter ici dans la trame de l’histoire car une chose en entrainant une autre, je ne sais pas où je vais m’arrêter. En effet, les situations et les retournements s’enchainent sans qu’on arrive à démêler le vrai du faux, ce qui donne évidement beaucoup de rythme à ce polar à l’accent du Sud. Sauf que pour les clichés il faudra repasser, même pour le temps. L’action se déroule en début d’année et même à Marseille l’hiver est froid.
On est trimballé pendant toute la lecture et on ne sait jamais sur qui ou sur quoi on va tomber, un mystère apparaissant quand un autre semble éclairci.
J’ai beaucoup aimé les personnages qu’ils soient flics ou truands. Là encore pas de caricature, ils ont tous leur part d’ombre et sont parfois au bord de la rupture ou machiavéliques. Il y a un peu une ambiance à la Braquo, pour ceux qui connaissent l’excellente série d’Olivier Marchal.
C’est violent, efficace, bien construit et puis comme le titre l’indique, mieux vaut ne faire confiance à personne.

Parjures, Gilles Vincent
Jigal

L’auteur :
Gilles Vincent est né en 1958 à Issy-les-Moulineaux

Categories: Policier

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