Comment résumer de ce formidable roman, quand il nous emmène sur tant de chemins ? Pour donner envie de le lire on voudrait citer tous les sujets qu’il aborde. C’est à la fois un polar, un road-trip, une réflexion sur la vie, sur la vieillesse, les enfants, les regrets, les fantômes, l’amour, la mort, la trahison, la culpabilité, l’Espagne et la Suède et le Maroc. Mais il s’agit surtout d’une quête, celle de la paix avec soi-même.

Helena et Miguel n’étaient pas censés se rencontrer, tous les oppose. Elle, indépendante et l’esprit libre, lui de caractère strict, tout en retenue (c’est bien plus complexe mais je résume, hein ?). Dans l’Espagne de Franco, leurs parents n’étaient pas du même coté.
A plus de 70 ans, c’est dans une maison de retraite à la pointe sud de l’Espagne que va commencer leur histoire. Une maison de retraite, c’est l’endroit où on se dit qu’on n’ira jamais, mais ça arrive quand même, quand le corps et la tête commencent à faiblir. Malgré leur âge, ils vont s’en aller, elle pour rejoindre son fils à Malmö, lui la suit en pensant à sa fille avec qui le contact se distend. Ça c’est le prétexte, le vernis. Mais plus profondément, plus que le présent, ce sont les fantômes de leurs passés respectifs auxquels ils vont se confronter, avant que la mort et le temps n’effacent tout.

Parallèlement en Suède, l’ambitieux sous-commissaire Gövan, enquête sur des crimes dont il est certain que le patron de la pègre locale, Sture, est le commanditaire. Ce dernier règne avec violence sur Malmö depuis plus de trente ans. Sture est un malin, il surveille les faits et gestes du flic par l’entremise de Yasmina, qu’il oblige à coucher avec Gövan. Sture la tient par une « dette » dont elle ne sait rien, contractée depuis longtemps par sa famille marocaine à son arrivée en Suède. La jeune femme stigmatise tous les défauts aux yeux de son grand-père et de sa mère. Mais là encore, chacun à sa part d’ombre.

En France, Victor del Arbol est considéré comme un auteur de polar. Si dans ce roman la partie qui se déroule en Suède est parfaitement d’ordre criminel, le thème de ce bijou de littérature est bien plus large que cela. Le talent de conteur de Victor del Arbol nous emmène loin dans nos réflexions grâce à des personnages remarquablement travaillés. Peut-on parler de roman initiatique quand il s’agit d’évoquer la fin de sa vie ? On apprend à tout âge, non ?

Par-delà la pluie, Victor del Arbol
Actes Sud

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