Après avoir lu « La petite cloche au son grêle » de Paul Vacca, j’ai voulu découvrir son second roman. Quelle surprise !

Comment résumer un roman si drôle, étonnant, truculent, délicieux, coquin, désopilant, cocasse, titillant ?

Le sujet, le déroulement, la forme, tout est surprenant et savoureux.

Un roman qui se lit d’une traite. Un plaisir vif, constant et totalement jubilatoire !! Dès les premières lignes, on est embarqué dans cette histoire loufoque si merveilleusement contée.

Une aventure picaresque et déjantée, de l’humour (énormément), de l’amour (fou), du sexe (un peu), de la poésie, des émotions et des réflexions légères (ou moins légères pour ceux qui souhaiteront les poursuivre).

La forme  très riche : introduction, avertissement, prologue, le conte, des courriers, des slapsticks, un vocabulaire parfois ébouriffant et même…  une once de mathématiques.
Comme il n’était pas nécessaire d’avoir lu Proust pour lire La petite cloche au son grêle, ce roman peut se lire sans rien connaître de Kant.

L’histoire : Le philosophe français Jean-Baptiste Botul est appelé à Nueva Königsberg au Paraguay dans une communauté d’exilés qui vit selon les préceptes de Kant. Il emmène avec lui Sébastien Marot, jeune zazou dépressif parisien en plein chagrin d’amour. Un duo détonnant.

La mission de Botul est déroutante. ll doit trancher dans un débat d’une importance capitale : la vie sexuelle de la communauté.

La question est délicate, s’ils ont des relations sexuelles, ils risquent de ne pas être fidèles à leur modèle connu pour sa chasteté et s’ils s’abstiennent, la survie de la communauté sera compromise. La discussion est vaste. S’ils pratiquent, toutes sortes de questions en découlent : fréquence des rapports, monogamie, quel genre de pratiques (^^),…

Le sujet sera débattu au cours de causeries drôlissimes qui nous laissent parfois ébahis. On découvre leurs échanges et arguments sur l’amour, le sexe, la liberté, le bonheur, le respect.

Botul reste énigmatique tout au long de l’histoire quant à son idée sur la question mais nous découvrons et suivons avec un immense plaisir Sébastien, notre Candide, dans sa sidération puis sa découverte de cette communauté et toute la palette et l’évolution des émotions qu’il va éprouver au long de cette aventure.

C’est aussi une histoire d’amour, merveilleusement racontée. On partage avec émoi les discussions de Sébastien et Sofia, leurs disputes, leurs confidences. Ils se découvrent et découvrent leur monde respectif. L’évolution de leur relation dépendra aussi de ce que proposera Botul à l’issue des débats. Vie sexuelle ou non ?

J’avais relevé une quantité de citations mais je renonce au plaisir de les glisser ici pour vous laisser découvrir tout ce que ce roman a d’étonnant.
Juste la citation de Botul au début du livre : « Le livre est un organisme vivant qui engendre son semblable, d’autres livres – sous la forme de commentaires vivaces ou d’interprétations proliférantes. »

Paul Vacca nous offre là un conte philosophique léger (hmm pas tant que ça) où les questions soulevées et les arguments évoqués vous habiteront longtemps avec toute la douceur et la beauté qu’il a su y apporter.

Mon vrai gros coup de cœur de l’été (de l’année ?). Ne vous laissez pas impressionner par le titre ou le sujet, surtout pas !

Je n’en ai pas terminé pour autant avec lui. Je l’ouvrirai à nouveau de temps en temps et il y a des mots ou des noms cités sur lesquels je me pencherai. J’ai déjà une liste de questions que je ne manquerai pas de poser à Paul Vacca, quand j’aurai le plaisir de le rencontrer.

A offrir à tous les gens que vous aimez… et c’est ce que je vais faire… Numéro 1 dans mes idées de cadeaux à venir.

Le bonheur de la lecture c’est ça, des rencontres magiques et parfaites là où on ne les attend pas.

Merci pour ce délicieux moment de lecture, pour tout ce qu’il donne et tout ce qu’il cache aussi.

Nueva Königsberg, Paul Vacca
Philippe Rey

L’auteur :
Paul Vacca est romancier, scénariste et essayiste.

Categories: Humour, Philosophie

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