C’est par hasard que Rubén Calderón et Jana vont se rencontrer.
Il est détective privé et travaille pour les Abuelas, ces grand-mères de la Place de Mai de Buenos Aires qui furent les premières (elles étaient alors mères) à manifester pendant la période de la dictature des généraux. Il furent près de trente mille à disparaître sans laisser de trace pendant cette période, hommes femmes et enfants. Jana, sculptrice est d’origine Mapuche, une minorité qui vivait entre l’Argentine et le Chili et qui a été massacrée par les colons espagnols. Elle a, comme de nombreux argentins, subit de plein fouet la faillite du pays au début des années 2000.

Ils ont tous les deux une histoire qui les a brisé, se réfugiant chacun dans son univers pour continuer à vivre malgré tout.
Une série de crimes va les confronter à ceux qui ont pu passer entre les gouttes après ce qui fut Le Processus, cette période brutale et criminelle menée par la junte militaire.

Fidèle à son style, Caryl Férey nous fait découvrir un pays et son histoire au travers de son livre. La manière injuste dont les plus puissants se sont servis du peuple pour mener à bien leurs affaires est décrite de façon froide et documentée. On découvre que d’ anciens nazis et d’anciens de l’OAS ont collaboré avec les autorité, faisant profiter de leur « expérience » de la torture. Que les Français et les Américains ont formé l’armée argentine pendant de nombreuses années. Que pendant que l’Argentine gagnait la coupe du Monde de football en 1978, des innocents mourraient en prison. Ou que les banques ont fermé du jour au lendemain, sans prévenir, laissant les gens sans argent.

Comme il l’a affirmé lui-même, tout est vrai dans son livre excepté l’intrigue criminelle. Et quel roman !
Comme dans les précédents c’est un mélange explosif de violence (il faut avoir parfois le cœur bien accroché), de sexe, de pouvoir ou on rencontre des personnages de tous les milieux mais toujours extrêmement forts et bien décrits. Pas d’eau tiède avec cet écrivain engagé qui arrive tout de même à décrire une belle histoire d’amour dans tout ce fatras.
Une totale réussite pour Caryl Férey qui fait au moins aussi bien que Zulu, son dernier roman qui date de 2008. Le suivant était attendu, il est à lire sans faute !

Il n’y a pas de prison chez les Mapuche, que des réparations.

Mapuche, Caryl Férey
Gallimard

L’auteur :
Caryl Férey est né à Caen en 1967.

Voir l’interview de Caryl Férey par Passion Bouquins.

Categories: Thriller

3 réponses actuellement.

  1. nathalie dit :

    Superbe roman d’un Caryl Ferey habité par l’Argentine ! On sent bien que l’intrigue est le prétexte pour l’auteur de faire connaitre au monde entier cette communauté d’opprimés que sont les Mapuche. Magnifique.

  2. nathalie dit :

    Très très grand roman ! On sent bien que l’intrigue est le prétexte à Caryl Ferey de parler de cette communauté d’opprimés qu’il a envie de faire connaitre au monde entier ! Magnifique.

  3. Cripure dit :

    Ce thriller de Férey est excellent.
    Caryl Férey est un auteur qui compte aujourd’hui comme on dit.
    Recommandé !

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