Les critiques d’aujourd’hui le qualifieraient peut-être d’ »Ovni ». Je ne le ferai pas pour deux raisons : d’abord cette expression m’horripile au plus haut point tant elle est utilisée pour tout, ensuite le livre date de 1984. Donc, je dirais plutôt « pépite ». Et comme l’action se passe dans l’ouest américain et que Pépé Jake a été, entre autres, chercheur d’or, c’est tout à fait l’expression qui lui convient.
Pépé Jake a aussi été marié plusieurs fois, riche et pauvre puis pauvre et riche, joueur de poker invétéré et buveur devant l’Éternel et surtout devant l’éternité qu’il pense avoir devant lui grâce à son « Vieux Râle d’Agonie ». Pépé Jake est un gars qui aime la vie et qui ne s’en laisse pas compter. Quand on lui dit un jour que tout ce qui sort de l’ordinaire est refusé, il répond : « Eh ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non ? »
Et puis il y a son petit-fils, un indien, un sanglier et un canard. Et tout ça, sous la plume de Jim Dodge nous donne un livre formidable. C’est plein de petits moments de bonheur et de franche rigolade autour de Jake, papy irascible au grand cœur. C’est un point de vue sur l’existence au travers du personnage principal, où « les sentiments sincères demandent du temps ».
C’est un livre où quand deux amis sont ensemble, nul besoin de longs discours : on sort un cruchon et on sirote en « contemplant la nuit, calmement et en toute immobilité. »
C’est un pur concentré de joie en 100 pages, qu’on est surpris de lire aussi vite, au point d’avoir envie de le recommencer immédiatement en le dégustant, comme un 25 ans d’âge.
Et l’oiseau canadèche dans tout ça me direz-vous ? C’est tellement dingue que vous ne me croiriez pas…

L’oiseau canadèche, Jim Dodge
Éditions Cambourakis

L’auteur :
Poète et romancier américain né en 1945

Categories: Passion

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