Ce roman nous plonge dans les années 80 dans le milieu branchés des boites de nuits parisiennes. Des élèves mis par leurs parents aisés dans des boites à bac profitent de leur liberté pour écumer le Bus Palladium, l’Élysée Matignon, le Palace, bref tous les endroits à la mode où il fallait souvent être patient pour entrer. Le narrateur habite à 20 km de Paris et n’a pas l’aisance financière de ses camarades de lycée. Enfin pour être précis il est moins friqué. Mais fasciné par le monde de la nuit il suit le mouvement vaille que vaille. Il se réveille un matin de bringue ne sachant plus comment il a atterri dans cet appartement aux cotés de Sacha, une fille qu’il y a peu il pensait inaccessible. Elle est morte et il s’enfuit précipitamment en oubliant son pull sur place.

La description des années 80 est assez limitée : les boites de nuits, la musique qui y passe et le type de vêtements que portent les jeunes de l’époque. Le narrateur est aussi marqué par les d’attentats qui ont eu lieu à Paris pendant cette décennie : de celui de la synagogue de la rue Copernic en 1980 à celui du magasin Tati en septembre 1987.
Le narrateur s’adresse en fait à quelqu’un pendant tout le livre, lui racontant ses sorties nocturnes années après années, et l’évolution de ce que deviendront ses copains de lycées et ceux rencontrées dans les soirées.
Le fil rouge est cette fille, Sacha, dont plus personne n’a jamais entendu parler et dont le narrateur se demande encore ce qui c’est vraiment passé pendant la nuit où ils étaient tous les deux. On ne peut pas parler d’enquête ou de recherche même de la vérité. Car si le livre commence sur cette mort mystérieuse, le gros du livre est la description des folles nuits de bringue.

Ceux qui font partie de cette génération vont retrouver forcément des choses qu’ils ont connu, musicales et vestimentaires, et encore sur ce dernier point je n’en suis pas certain car beaucoup de choses m’ont étonné. Il faut dire que si on n’est pas parisien, on ne se sentira pas forcément concerné. Et franchement, si on n’est ni parisien, ni de cette génération je suis prêt à parier que l’ennui risque de vous gagner. Par contre si c’est le cas, les lieux d’hier et d’aujourd’hui vous seront familiers et l’intérêt sera nettement à la hausse.

Si on enlève les descriptions des célébrités croisées, des groupes du moment et de toutes les marques qui sont citées (il y en a un sacré paquet), il ne reste pas grand chose, sinon la nostalgie de l’auteur pour un période qui lui est certainement chère.
En fait il m’est apparu difficile de comprendre où il a voulu en venir, entre ses soirées, les attentats et Sasha.
Alors la fin du livre nous ouvre une porte mais bon, ce n’est pas très convainquant.

Loin du centre, Jacques Braunstein
NIL

L’auteur :
Jacques Braunstein est journaliste à GQ

Categories: Passion

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