Voici un roman très particulier, où on se trouve dans la tête d’un type qui prend plaisir à tabasser les femmes. Le narrateur, dès son plus jeune âge découvre « les joies » de mettre des gifles à ses copines d’école. Sans problèmes particuliers dans sa famille, plutôt bon élève, il n’arrive cependant pas à se faire de copains, il est à l’écart des autres. Passant par le lycée puis la fac, il va continuer à frapper les femmes qu’il rencontre, préparant des guet-apens pour certaines, frappant au hasard dans des soirées pour d’autres. Il va poursuivre une belle carrière à l’Assemblée Nationale, se marier et même être à la tête d’une association contre les violences faites aux femmes !
Le type explique au long du livre ses pulsions, d’ailleurs il se considère lui-même comme un psychopathe. Ce pervers assume ses penchants malsains qu’il ne peut contrôler. La pulsion est trop forte, malgré la peur permanente d’être dénoncé et arrêté. Pourtant il ne tire pas de « bénéfices » dans cette violence, ce n’est pas une envie autre qui le motive que celle de tabasser.

Alors nous sommes nous, lecteurs, face à ces brutalités qui sont d’autant plus incompréhensibles qu’elles n’ont pas d’explications rationnelles. Ce type a une bonne situation, un métier valorisant, il n’a pas été brutalisé durant son enfance. La sensation de mal à l’aise est présente tout au long de la lecture. J’ai pu lire ici ou là qu’on pouvait ressentir au final une certaine empathie, voire une émotion face au désarroi que peut ressentir le psychopathe, pris dans son engrenage infernal. Ce n’a pas été du tout mon cas. Cette manière froide d’agir et le fait de passer à travers les gouttes ne rappellent que la triste réalité de notre société et des violences (en tous genres) faites aux femmes.

Il y a certainement plusieurs lectures possibles de ce roman, et chacun fera la sienne avec sa propre sensibilité. C’est aussi l’intérêt des livres que de susciter des émotions, aussi diverses peuvent-elles être. Celui d’Aymeric Patricot ne peut pas se lire de façon neutre. J’y ai été plutôt mal à l’aise, pas à cause du sujet mais bien à cause du narrateur qui semble à l’abri de toutes poursuites, protégé par son statut même.

L’homme qui frappait les femmes, Aymeric Patricot
Léo Scheer

L’auteur :
Aymeric Patricot est né en 1975 au Havre

Categories: Roman

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