Ajatashatru Lavash Patel est un fakir qui arrive à Paris en provenance d’Inde avec pour seul objectif : acheter un lit à clous chez Ikea et rentrer chez lui. Chez lui, les villageois se sont cotisés pour lui payer le billet d’avion. Il arrive en Europe habillé de son plus beau costume et d’un turban, et équipé d’un faux billet de 100 euros. Pour se rendre dans le magasin d’ameublement le plus proche, il prend un taxi conduit par un Gitan qui flaire le pigeon qui débarque et le conduit dans celui le plus éloigné de l’aéroport. Mais plus magicien que fakir, Ajatashatru subtilise le billet dans le portefeuille du taxi, qui quand il s’en rendra compte, nourrira un ressentiment tel qu’il fera tout pour rattraper son voleur afin de se venger.
Par une suite de concours de circonstances, notre héros indien va voyager à travers l’Europe et jusqu’en Libye, découvrant à la fois les risques que prennent les clandestins pour migrer dans les « beaux pays » et le plaisir de devenir quelqu’un de généreux, de faire le bien.

Ce roman qui raconte l’histoire loufoque d’un fakir de pacotille, ne se prend pas au sérieux. C’est avant tout comme cela qu’il faut le lire. A travers les diverses aventures, l’auteur dénonce les conditions épouvantables de ceux qui, poussés par la misère, tentent de fuir leur quotidien pour rejoindre par tous les moyens les pays riches d’Europe. Et de façon surprenante à de nombreux moments l’auteur traite de la peur du terrorisme quand on prend l’avion. Un livre on ne peut plus d’actualité.

Pour autant il faut accepter certaines situations sans trop se poser de questions, car même sous couvert d’humour et de délires, il est très facile de sortir du livre, ce qui m’est arrivé assez rapidement. Même en étant prêt à suivre l’auteur, la crédibilité fait défaut à partir d’un moment. J’ai bien compris que c’est censé être burlesque et si l’histoire débute bien, rien à faire, pas moyen d’accrocher à l’histoire. Le running-gag sur le nom du fakir (personne n’arrive à le prononcer correctement et à chaque fois la signification est autre) résume bien le livre à mon sens : au début on en sourit, puis on n’y fait plus attention.
L’accumulation de situations incroyables finit par les rendre banales. Pas mon genre d’humour.

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas
Le Dillétante

L’auteur :
Romain Puértolas est en 1975 à Montpellier

Categories: Humour

1 réponse actuellement.

  1. Sabine dit :

    Pour ma part,j’ai trouvé dans ce livre de beaux passages humoristiques, par ex
    « L’accent était sans équivoque. Il s’agissait bien d’un noir. Mais bon, depuis l’intérieur d’une armoire plongée dans l’obscurité, tout le monde pouvait le paraître. » (p.72)

    « Elle jeta par terre, de rage, son exemplaire des Lapins glapissent lugubrement sur la route des matins d’hiver d’Angélique Dutoit Delamaison et alla s’enfermer dans sa chambre » (p.186)

    «  »J’étais devenu un fakir. Et qu’est ce que j’ai pu en plumer des gars de le ville et des intelligents, par-dessus le marché! Parce que les intelligents, c’est les plus faciles à arnaquer. Ils sont sûrs d’eux, alors ils ne font pas attention. Ils pensent que personne ne pourra les avoir. Et hop, dans le sac ! C’est leur assurance qui les perd. Les idiots, eux c’est différent. Ils sont habitués à ce qu’on les prenne pour des cons depuis toujours, alors dès qu’ils ont affaire à un baratineur, ils font beaucoup plus attention. » (p.218)

    mais aussi des passages beaucoup plus graves et sérieux, comme
    « Ce n’état pas le montant que l’on donnait qui comptait, mais le seul geste de donner. » (p.224)

    « La situation politique du Soudan avait plongé le pays dans un marasme économique qui avait poussé un grand nombre d’hommes, les plus robustes, sur les chemins rocailleux de l’émigration. Mais même les plus forts devenaient, hors de chez eux, des hommes vulnérables, des animaux battus au regard mort, les yeux pleins d’étoiles éteintes…..Car même les clandestins avaient leur honneur. Dépossédés de leurs biens, de leur passeport, de leur identité, c’était peut-être bien la seule chose qui leur restait, d’ailleurs. L’honneur. Voilà pourquoi ils partaient seuls, sans femmes ni enfants. Pour que jamais on ne les voie ainsi. Pour qu’on se les rappelle grands et forts. Toujours. » (p.78)

    et puis les pages 210 à 212 où l’on sent que le fakir a changé, qu’il n’est plus le même, que d’arnaqueur il est devenu humain et éprouve de la compassion et des sentiments

    Je pense que c’est un livre qui mérite le succès qu’il est en train de connaître…

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