Albert Camus, l'étranger« Aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier je ne sais pas. »

Bien-sûr ça a l’air facile de commencer une chronique littéraire par les deux premières phrases du roman en question. Surtout si on vient de le terminer et qu’on l’a encore sous les yeux. Les choses ne sont pourtant pas aussi limpides.

Ca fait plus de dix ans que je n’ai pas ouvert ce livre, pas plus que je ne l’ai sous les yeux. Le premier roman d’Albert Camus, outre le fait qu’il soit au programme des cours de Français au lycée, ce qui le rend archi connu de beaucoup de monde, est de ces œuvres qui marquent l’esprit. Tout le roman et toute l’œuvre de Camus, dans son rapport à l’absurde, tiennent dans ces deux phrases d’une simplicité absolue.

Ecrit en 1942, l’étranger est le roman indémodable par excellence qui tient à la situation d’un homme plus qu’à l’intrigue. En 2011, plus que jamais, nous sommes dans une société où l’émotion prédomine. A la fois en politique ou dans les médias en général, seule l’émotion gouverne. Elle fait acte de foi ou de loi.

Si le héros de Camus est condamné, ce n’est pas tant parce qu’il est un meurtrier que parce qu’il n’a pas manifesté d’émotion à l’enterrement de sa mère. Au fil des pages on sent l’inéluctable se préparer, sous la chaleur écrasante du soleil d’Algérie, autre constante des romans d’Albert Camus.

Celui-ci, devenu culte, a inspiré le groupe The Cure qui en a fait une chanson intitulée Killing an Arab, elle-même devenue culte.

A lire et à relire avec délectation. J’ai tellement lu ce livre que les pages en tombent, si bien que j’en ai acheté un nouveau que je préserve désormais car je le connais par cœur.

L’auteur

Qui n’a jamais entendu parler d’Albert Camus ? Né en 1913 en Algérie, son fait de résistance pendant la deuxième guerre mondiale est la création du journal Combat. Figure majeure des auteurs français, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1957. Il est mort dans un accident de voiture en 1960. De nombreux ouvrages lui ont été consacrés, dont l’excellent Albert Camus soleil et ombre, écrit par son ami Roger Grenier.

L’étranger, Albert Camus

Gallimard



Categories: Classique, Passion

9 réponses actuellement.

  1. [...] dernier livre à la librairie Bisey à Mulhouse), une interview R.J.Ellory, romancier Anglais, unavis sur L’Etranger d’Albert Camus, avis Les Misérables d’Albert [...]

  2. brunet dit :

    J’aime beaucoup Albert Camus,mais je pense que l’étranger est mon préféré intemporel et toujours d’actualité dans notre société ou toute différence est souvent mal perçue.

  3. Jean-Luc dit :

    Depuis le temps que j’ai envie de le relire, je crois que je vais de ce pas m’y replonger.

  4. joëlle dit :

    Merci pour ce commentaire.
    « …et je n’ai pas pleuré à son enterrement ». Voilà la suite de sa phrase.
    Et parce qu’il n’a pas pleuré, il va être considéré comme un étranger.
    Ce livre reste également une référence dans ma vie par cette première phrase et le fait que dans certaines des circonstances,on ne réagit pas comme la « norme ». Etre différent, ne pas montrer ses sentiments « nobles ».
    Il le paiera cher et finalement, ce livre parle du rejet de la différence, de l’infinie violence à refuser l’autre tel qu’il est.
    L’étranger en nous et l’étranger en face de nous.
    Presque 30 ans que je ne l’ai rouvert…et je le citais encore il y a peu.
    …et le redécouvre avec plaisir dans votre liste.

    • Dominique dit :

      Pour moi ce livre est une référence à tous les niveaux et je n’hésite pas à le citer dès que j’en ai l’occasion. Non seulement il est agréable à lire, mais en plus le message qu’il délivre est universel et plus que jamais d’actualité.

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