Dans la multitude des livres qui sortent chaque année, et plus particulièrement au mois de septembre, parfois, il en arrive un qui vous touche droit au cœur et que vous voulez absolument faire partager au plus grand nombre. C’est exactement le cas de « Les souvenirs ».
David Foenkinos nous emmène dans des lieux que notre société ne montre pas beaucoup : les hôpitaux, les maisons de retraite, les cimetières.
Malgré la gravité de ces thèmes, le livre n’est pas morbide. Il est certes souvent triste, mais aussi drôle et très poétique. On trouve des touches de fantaisie ça et là, notamment aux détours de souvenirs formulés par les protagonistes du livre, qu’ils soient des personnages principaux ou secondaires, célèbres ou anonymes.

La vie dans les maisons de retraite est largement évoquée, et franchement difficile de trouver quelque chose de joyeux dans ces établissements :« j’avais l’impression de visiter la salle d’attente de la mort ». Avec la perte de l’autonomie et la perte de son chez-soi ne restent que les souvenirs. En partant à leur recherche, la grand-mère va résister à « l’emprisonnement » et boucler la boucle de sa vie, de la plus belle façon possible pour elle.
Le départ à la retraite est abordé de manière plus concrète que le cliché habituel des gens qui y partent joyeusement : le vide de l’agenda, les visites aux anciens collègues à qui ont de moins en moins de choses en commun, le face à face avec son conjoint, la dépression.

Il y a plein de « petites » phrases à méditer. Je me suis surpris à poser le livre et à y réfléchir avant de le reprendre. J’aime beaucoup celle qui est empruntée à Marcello Mastroianni : « les souvenirs sont une espèce de point d’arrivée ; et peut-être sont-ils aussi la chose qui nous appartiennent vraiment ».

Le cycle de la vie ne s’arrête pas, des gens meurent d’autres naissent. C’est aussi simple que cela mais jamais simpliste.
Un petit bijou à découvrir sans faute, qui va sans doute marquer beaucoup de monde.

Les souvenirs, David Foenkinos
Gallimard

L’auteur :
David Foenkinos est né à Paris en 1974



Categories: Passion

2 réponses actuellement.

  1. [...] Les souvenirs, David Foenkinos « Les souvenirs sont une espèce de point d’arrivée ; et peut-être sont-ils aussi la chose qui nous appartiennent vraiment ». Une phrase qui résume la beauté et la douceur de ce livre, sans oublier les rires ! [...]

  2. Amandine dit :

    Moi qui croyais que La délicatesse resterait mon préféré, j’ai sous-estimé Foenkinos, largement : je fais maintenant partie de ce « beaucoup de monde » marqué par ce livre. Je suis encore une fois tombée sous le charme du style si particulier de Foenkinos, de son humour fantaisiste capable de faire sourire dans les moments les plus émouvants de son texte. [Avis plus détaillé sur mon blog]

    Si je ne connaissais pas Foenkinos, cette critique m’aurait convaincue d’aller à sa rencontre.
    Amandine recently posted..Les souvenirs, David FoenkinosMy ComLuv Profile

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter