Je ne sais pas si Yasmina Khadra nous envoie des messages d’espoir à travers ses écrits, mais ce dont je suis sûr c’est qu’en se plongeant dans ce magistral « Sirènes de Bagdad », l’auteur nous aide tout au long de son œuvre à approcher une société dont il est issu, en dénonçant l’obscurantisme anesthésiant qui prévaut dans la culture musulmane.

Kafr Karam. Un petit village aux confins du désert irakien. On y débat devant la télévision, et surtout on s’y ennuie, on attend, loin de la guerre que viennent de déclencher les Occidentaux et qui embrase le reste du pays. Mais le conflit, avec son lot de brutalités, d’incompréhensions et de bavures tragiques va finir par rattraper cette région où la foi, la tradition et l’honneur ne sont pas des mots vides de sens. Et quand une nouvelle humiliation vient profaner ce qu’un Bédouin a de plus sacré, alors s’ouvre le temps de la colère et de la riposte. Une vengeance terrible, sans merci, car désormais seul le sang pourra laver ce qui a été souillé…

Au sortir de chacun de ses livres, je ne peux m’empêcher d’avoir en tête le célèbre « Cri » du tableau de Munch. L’horreur dans toute son étendue.

Fort de son humanisme, empli de compassion, Khadra ne tire jamais à boulet rouge sur les auteurs de ces actes innommables.

Il cherche à nous faire comprendre quelles en sont les raisons, les raisons au pluriel, sans pour cela les justifier, ni les accréditer.
Et chacun de ses livres est un mur qu’il tente de déconstruire, déposant à nos pieds, pierre par pierre, ce que d’autres ont élevé afin de diviser, afin de régenter, toujours dans la douleur, se servant sans mesure de l’ignorance des peuples, de le misère, de la crédulité.

Khadra est un auteur majeur qu’il faut lire sans tarder si ce n’est déjà fait.

Les sirènes de Bagdad, Yasmina Khadra

L’auteur :
Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 en Algérie.



Categories: Passion

2 réponses actuellement.

  1. Amandine dit :

    Je viens de terminer la trilogie de Khadra avec ces Sirènes de Bagdad: j’avais beaucoup apprécié les deux premiers, mais celui dépasse toutes les espérances que j’avais pu former! Il est magistral et me semble être le plus abouti des trois livres. Je ne sais pas si j’y vois vraiment un message d’espoir, mais j’en sors bouleversée. La métaphore du mur dans votre article est très juste.
    Enfin et surtout, merci d’avoir fait partie de ceux qui, par leur enthousiasme, m’ont poussé à découvrir cet auteur majeur.
    Amandine recently posted..Trilogie du grand malentendu, Yasmina KhadraMy ComLuv Profile

  2. [...] Moulessehoul, est né en 1955 en Algérie. Ses romans Les hirondelles de Kaboul, L’attentat et Les sirènes de Bagdad constituent une trilogie consacrée au conflit entre Orient et [...]

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