Je suis une amoureuses des glossaires et des expressions imagées.

Le bouquin de Sandrine Roudeix regorge d’expressions imagées et ceci dès la 2e phrase (la première ne fait que 4 mots). Quel bonheur ! Tout est imagé à commencer par le surnom de la plus âgée des petites mères.

Au premier paragraphe, le plaisir est tout de suite présent et je sens que je vais me régaler :
« … ville de Province barbouillée de ciel bleu … » C’est beau, les mots chantent.
« … pliée en deux comme une chaise de camping … » Drôle !
« … les yeux doux sucrés
… »

Un peu débordée, j’ai été contrainte de grignoter la première moitié de ce roman par petits morceaux mais j’ai savouré toutes ces perles avec ravissement.
Comme elles sont vraies et attachantes ces petites mères ! Le regard qu’elles portent les unes sur les autres, ce qu’on découvre à travers ces regards différent, c’est subtil, fin et merveilleusement décrit.

Le sujet : quatre femmes, quatre histoires qui nous sont contées jusqu’au soir où elles doivent se retrouver. Un livre sur les relations mères filles et la complexité de s’en dégager à travers ces femmes touchantes. Texte pétillant de part ses expressions, riche en sentiments, partages, émotions.

Le poids de l’héritage familial, la transmission, la difficulté d’aimer et d’échanger, les non-dits, les malentendus et incompréhensions. Beaucoup d’amour aussi  maladroitement exprimé par ces quatre personnages. Tout ceci raconté au travers du regard de l’autre et le décalage avec sa propre réalité. On sent les minutes et les heures s’égrainer comme si nous y étions mais sans lenteur, des heures pleines et nécessaires. Une grande justesse qui nous fait vivre le poids de ces instants. Par touches, on découvre les interprétations des unes et des autres, leurs regards, leurs histoires. Elles sont toutes dures (au cœur tendre) ces petites mères,  selon à qui elles s’adressent, selon leurs certitudes et leurs idées.

Dans ce roman Sandrine nous surprend et ne nous emmène pas forcément où on pense aller. Oui, elle réussit à nous étonner avec les réactions de ses petites mères, sans jamais nous décevoir.
La description du décor est brève et efficace, on s’y croirait ; l’ambiance est palpable.

J’ai été un peu surprise par la forme originale utilisée pour la toute fin et sa rapidité mais très heureuse que ce récit se termine de cette manière. L’essentiel est là, est dit et c’est très bien.
Le sujet peut paraître pesant mais ce livre ne l’est pas du tout. Juste la vie… On fait toutes au mieux avec ce qu’on a, ce qu’on a reçu, ce qu’on est.

Au début de ce mot, je parlais de la première phrase qui ne faisait que quatre mots… la dernière en fait quatre aussi… je vous laisse les découvrir.

Ces petites mères émouvantes laissent leurs empreintes et c’est doux…

Les Petites Mères, Sandrine Roudeix
Flammarion

L’auteure :
Sandrine Roudeix est née en 1974 à Toulouse

Categories: Roman

1 réponse actuellement.

  1. Sabine dit :

    J’aime beaucoup le style de l’écriture de ce roman: des phrases courtes, des groupes nominaux…c’est écrit en langage parlé et cela rend le récit tout à fait vivant. Par ailleurs, ce livre est frais, drôle et très imagé. Il comporte beaucoup de références à des goûts, des couleurs en relation avec des mets ou des plats. Les descriptions sont belles et très réalistes avec de nombreux détails qui permettent au lecteur de s’imaginer parfaitement la scène. « Les Petites Mères » raconte l’histoire de 4 générations de femmes et , je cite « quelque chose comme le manque d’amour- ou son incapacité »……incapacité d’aimer ? car j’ai l’impression que les personnages mettent toujours tout en oeuvre pour faire plaisir aux autres mais qu’au dernier moment ils ne franchissent pas le pas qui leur permettrait de vraiment se rapprocher des autres. Pour finir, car il faut que je vous laisse découvrir par vous mêmes, la lecture de ce roman me pose une question: même si on est mère de…, on reste toujours fille de…, y aurait-il une histoire transmise par la famille, les gênes ou peut-on changer cela ?
    Bravo Sandrine

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