John Gaines est le shérif de la petite ville de Whytesburg dans le Mississippi. Il est vétéran de la guerre du Vietnam et l’expérience de ce conflit a laissé en lui des plaies ouvertes, des traumatismes qui le hantent. Son père est mort au combat pendant la deuxième guerre mondiale et il s’occupe tant bien que mal de sa mère mourante. Gaines est un solitaire qui ressasse ses années de guerre. Il fait partie de la catégorie de ceux qui arrivent à vivre avec ses démons, sans toutefois parvenir à occulter les  images fortes qu’il porte en lui.
Le cadavre d’une jeune fille disparue 20 plus tôt, en 1954, est retrouvé intact dans la boue au bord de la rivière. Gaines va s’emparer ce « cold case » qui va nous entraîner dans l’atmosphère et les pratiques du sud des Etats-Unis sur fond de chute du président Nixon : riches familles intouchables, ségrégation, vaudou, Ku Klux Klan…
Il va faire de cette enquête un cas personnel, mettre toute son énergie et sa volonté à résoudre une affaire qui le touche. Les morts qui s’ajoutent à celle de la jeune fille ne font que renforcer sa détermination. Plus il avance et plus il doit prendre de risques car les éléments son minces. Son manque d’expérience lui fait commettre des erreurs mais sa volonté reste intacte.
Le livre balance entre flash-back sur la guerre et ce qu’y a vécu Gaines, puis reste de plus en plus sur l’enquête comme si on suivait le shérif dans une forme de résilience qu’elle lui apporte. Le livre il est très introspectif, on suit les pensées sombres de John et on évolue avec lui. Plus il s’approche du dénouement, plus la guerre semble s’éloigner.

Même si ce n’est pas mon livre préféré d’Ellory sur les six qu’il a publié en France, on se trouve rapidement pris par la qualité de l’écriture et du propos. Les dialogues de certaines scènes sont réellement prenantes, on a quasi l’impression d’être là, juste à coté des personnages. On attribuera quelques longueurs à la langueur et l’accent traînant sudiste…
Comme toujours la traduction est impeccable même si je m’étonne de l’emploi systématique de « homme de couleur » pour désigner un homme noir. La répétition du terme n’est pas agréable à la lecture même si c’est plus correct politiquement. Enfin, dans un roman c’est tout de même étrange…
Le titre original, « The Devil and the river » sonne beaucoup plus juste que cette allusion à Dante.

Reste un récit fort même si le rythme est beaucoup plus lent que les livres précédents de l’auteur, ce qui pourrait dérouter un lecteur non averti. Ce qui n’est donc pas votre cas !

Les neuf cercles, R. J. Ellory
Sonatine

Categories: Policier

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