Qui n’a jamais entendu parler de Jean Valjean, Fantine et Cosette, des Thénardier, de Javert ou de Gavroche ? Personne bien entendu, tant cette œuvre fait partie du patrimoine français. Le plus souvent chacun aura pu voir une des multiples adaptations télévisées ou cinématographiques et donc avoir la sensation de bien connaitre l’histoire. De plus, on fait facilement l’impasse sur un livre dont le premier tome (il y en a trois) fait près de mille pages, cela peut en effrayer certains.
Mais le lecteur sait que ce n’est pas le nombre de pages qui fait la qualité du livre. Ainsi, si vous n’avez jamais osé ou voulu vous plonger dans cette aventure, je voudrais être celui qui vous y incite !

« Les Misérables », c’est d’abord l’histoire d’un homme, et pas d’un type ordinaire, Jean Valjean.
Aucun film ne peut reproduire les sentiments qui l’habitent comme, par exemple, le remord qui le tenaille d’avoir volé un sou à un petit ramoneur.  Aucun film ne peut nous faire comprendre le véritable combat intérieur qui le ronge quand il assiste comme notable au procès d’un ex-bagnard que la police croit être Jean Valjean.
Hugo nous fait ainsi entrer dans la tête des personnages, avec un souci d’exactitude dans le choix des mots pour décrire leurs sentiments profonds. C’est simplement fascinant.
La manière dont Fantine poursuit une longue descente aux enfers, se sacrifiant toujours plus afin de payer la garde de sa fille aux Thénardier vous brisera le cœur.
Thénardier qu’on suit longuement est aussi le prétexte à la description de la bataille de Waterloo. Comme il est présent le jour de cette funeste défaite (mais pas comme le héros qu’il prétend avoir été), Hugo en profite pour arrêter son récit et nous raconte la bataille. L’amateur d’histoire prendra un plaisir extraordinaire à lire cette évocation, pour ma part je l’ai lue et relue avec délectation. De l’engagement du combat, aux derniers instants du dernier carré de la garde (qui bien entendu ne se rend pas), l’auteur nous fait vivre ce moment historique presque comme si on y était.

Le livre est aussi le reflet de la société de l’époque ou Hugo dénonce l’injustice sociale et la misère. Le livre reste  extrêmement moderne et souvent on peut transposer l’histoire à nos jours.

Et là bien entendu ma chronique devient beaucoup trop longue. Car il y aurait tant à dire sur les personnages, les barricades, le bagne… Précipitez-vous plutôt sur le roman, vous ne le regretterez pas !

« Les Misérables », Victor Hugo

L’auteur :

Victor Hugo (1802-1885)

Je vous renvoie à quelques sites si vous avez envie de découvrir la vie et l’œuvre de l’un des écrivains emblématiques de la culture française.

Bibliothèque nationale de France
Wikipédia

Categories: Classique

3 réponses actuellement.

  1. [...] Sarthe avec deux fillettes chez une dame dont les valeurs et l’attitude oscillent entre les Thénardier de Hugo et la Folcoche de Bazin. Jusqu’à ce qu’un jour, la chance frappe enfin à la [...]

  2. [...] monde oublié ou pour gagner quelques sous on peut vendre ses cheveux (comme Fantine ses dents dans « Les Misérables »). Le  coté inexorable sur les conditions des plus pauvres et de leurs enfants rend ce livre [...]

  3. joëlle dit :

    Magnifique description de la bataille de Waterloo…
    Victor Hugo, le plus grands des hommes illustres écrit comme filmerait un Scorsese : l’histoire d’un homme pris dans une autre histoire.
    La mort du général Lamarck qui sonnele début des barricades…les doutes d’une hommes face au mal tel Valjean et son impitoyable part d’ombre qu’est Javert.
    Nous en sommes tous tombés parterre, c’est la faute à Voltaire.
    Merci Hervé de choisir ce livre magnifique qui effectivement, est d’une incroyable modernité.

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