les-bienveillantes-jonathan-littellComme plus de 500.000 personnes, l’année de publication du roman en France (plus de 700.000 depuis), je me suis rué dans la première librairie pour acheter ce livre.

Le prix Goncourt n’en fait pas automatiquement un roman de qualité, c’est le moins qu’on puisse dire.

Plus de 900 pages à lire. Les journalistes interviewés sur le livre étant unanimes en disant que seules les 150 premières pages étaient difficiles. Je pense sérieusement qu’ils ne sont pas allés plus loin. J’ai désespérément attendu le déclic jusqu’à la dernière page.

Le sentiment général que j’ai éprouvé tout au long du livre est une nausée sans limite. Non seulement en terme de contenu car parler des atrocités de la guerre, perpétrées et racontées par un officier SS lui-même, c’est forcément abject et on peut comprendre la raison de notre malaise, d’autant plus que nous sommes en position de voyeur insatiable. Mais également en terme de forme, car au lieu de relever le niveau, on s’enfonce un peu plus à chaque page. Le livre est très mal écrit. Est-ce le genre qui veut ça ? Toujours est-il que ce roman ne met pas son auteur en valeur. Même bien documenté, ça ne suffit pas, il gagnerait à être mieux écrit.

La presse laudatrice et le pitch étaient pourtant prometteurs. En effet, Maximilien Aue, officier SS et homosexuel, c’est pour le moins original. On imagine volontiers le profil social des nazis conforme aux bonnes mœurs et à la propagande qu’ils distillaient ainsi qu’aux normes sociales caractérisant les bons aryens. C’est tellement commode. Un monstre est forcément caricatural. Or il est beaucoup plus effrayant de constater que le monstre peut se cacher en chacun d’entre nous. Le livre de Jonathan Littell est le meilleur ambassadeur de ce postulat. Il commence si bien : « Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s’est passé. » Cette phrase résume le sentiment de malaise qui gronde à chaque page. En fait, les trente premières pages sont les plus intéressantes. Les huit cent soixante dix pages suivantes ne servent à rien. Entre les frasques sexuelles du narrateur et sa description par le menu des meurtres organisés de la population juive, l’horreur de l’histoire rejoint ici celle de l’Histoire.

Vraiment, le lire jusqu’au bout n’a rien d’une délivrance. Certains ont aimé. Pas moi.

L’auteur : ce premier roman a valu le prix Goncourt à Jonathan Littell. Opportunisme ou coup de génie ? Si vous voulez lui trouver des circonstances atténuantes, voici une note tout à fait saisissante sur sa personne et son parcours, mais nous sortons ici du simple commentaire d’un bouquin.

Wikipedia

Les bienveillantes, Jonathan Littell

Gallimard

Categories: Historique

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