Rédigé dans un style souvent humoristique, le livre s’interroge sur l’actualité du lien des couples avec leurs ascendants. Ces liens, dont la relation belle-mère/gendre est la plus emblématique, existent dans tous les milieux, explosent préférentiellement à l’occasion des fêtes, et les méthodes actuelles pour les résoudre présentent bien des risques. L’auteur, pédiatre d’orientation psychanalytique, livre un avertissement.

La puissance des femmes s’exerce contre les règles sociales dont elles ont été les victimes, et cette puissance entraîne aujourd’hui bien des dégâts psychiques. De la force du lien qui attache les mères à leurs enfants vient le comportement des belles-mères, tant à l’encontre de leurs gendres que de leurs brus, dans le but inconscient de restaurer un ordre ancestral où domine la non-limitation du sexe féminin.

Mais les pères et les belles-mères connaissent aujourd’hui un déclin sans précédent, dû à la victoire d’un féminisme présenté comme démocratique, sur une structure familiale héritée de millénaires de construction culturelle, le recours au divorce et à la séparation passant pour un remède souverain. Les réfractaires au mariage foulent aux pieds des millénaires de tentatives des cultures de réguler la violence par le biais d’un ordre symbolique.

La loi de la prohibition de l’inceste est le résultat de la créativité des individus soucieux de réguler leurs pulsions, et pose la fondation de tous les interdits pacificateurs ultérieurs. Les hommes bridaient leur sexualité, créaient la famille, et imposaient ainsi le moyen de la continuation des sociétés et de leurs systèmes de parenté. C’est l’existence de la famille qui détermine le père dans un rôle qui dépasse largement celui de géniteur. Le soutien social au père ne lui sera retiré qu’il y a quelques décennies.

Les systèmes de parenté sont symboliques et culturels. Si, dans la période allant de la naissance à trois ans, le comportement enfantin n’est pas bridé par l’autorité d’un père, qui instaure la loi, les angoisses de l’enfant n’ont pas de limitation. Le triangle père/mère/enfant est faussé, du fait du renoncement paternel à l’exercice de son rôle éducatif. Le lien homme/femme/société l’est tout autant. La polygamie, hors de toute institution, est en passe de se généraliser. Dans la primauté de l’instant, forme majeure du vécu féminin du temps, l’économie déploie ses filets, dans toute sa pernicieuse dérégulation.

Les belles-mères, Aldo Naouri
Odile Jacob

L’auteur :
Aldo Naouri est né en 1937 à Benghazi (Libye)

Categories: Education, Opinion, Psychologie

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