Le capitaine Anthony Rauch, dit « La Poire » dirige la « brigade du viol » de la policière judiciaire du 2ème district à Paris. Il travaille avec Marion Mesny, jeune femme aussi énergique qu’Anthony est calme. Dans cette brigade où l’écoute des victimes est vitale, les deux tempéraments se complètent parfaitement. Spécialisés dans les affaires de viols, ils enquêtent sur un violeur en série qui traque ses victimes dans les ascenseurs. Rapidement ils sont confrontés à une série de crimes particulièrement violents (le terme n’est pas galvaudé, les âmes sensibles s’abstiendront) : l’individu s’introduit dans des appartements la nuit et agresse ses victimes pendant leur sommeil. Je vous passe les détails, mais le gars est bien barré. Il se surnomme Alpha et ce n’est pas la hauteur des lieux qui l’arrête. Il est doué pour l’escalade et les fermetures de portes et de fenêtres ne sont qu’un détail pour lui. On nous prévient sur la couverture du livre qu’on ne dormira plus la fenêtre ouverte, fermée ce sera difficile aussi. Rien ne l’arrête, il exerce sans états d’âme sa violence et sa toute puissance.

Il est difficile de trop en dire, comme souvent dans les polars, mais les deux flics sont impliqués personnellement à cause leurs passé respectifs. Là aussi c’est du lourd, sans doute (je suis loin d’avoir tout lu) de l’inédit dans la littérature policière pour l’un d’entre eux. A un moment l’histoire s’oriente d’ailleurs vers quelque chose qui casse les codes du genre. C’est une vraie bonne surprise.
En toile de fond du roman, il y a cette interrogation sur les « pulsions » masculines et leurs conséquences bien entendu pour les femmes. Le sort des femmes dans notre société est d’ailleurs un thème repris de plus en plus souvent dans le polar. Une prise de conscience ou une situation qui se détériore ? On s’interroge aussi sur le rôle de la mère dans l’enfance. On peut donc se faire une petite psychanalyse en même temps et à peu de frais.

Quoi qu’il en soit, ce roman est véritablement prenant, pour ma part je l’ai lu quasiment d’une traite. Il y a quelques imperfections qu’on mettra sur le compte d’un premier livre, quelques raccourcis dans le scénario qui facilitent l’avancée de l’histoire. Mais pas de quoi s’empêcher de prendre beaucoup de plaisir dans la lecture, soyons empathique.

L’empathie, Antoine Renand
Robert Laffont

Categories: Thriller

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