Le commandant Paul Rotstein est officier de police judiciaire au commissariat de police de Mulhouse. Il ne lui reste que quelques mois avant de prendre sa retraite et il veut une dernière fois reprendre une enquête qu’il n’a jamais réussi à résoudre : celle du meurtre de Camille âgée de 9 ans, perpétré il y a vingt ans et dont le non-lieu avait été prononcé dix ans auparavant. Il se trouve que la date de la retraite de Rotstein coïncide avec la date de prescription du crime. Hors, il connait l’assassin, tous les soupçons ont toujours été portés sur le même homme : le grand-oncle de la petite fille, Robert Willer. Avec l’aide de sa jeune collègue Saïda, qui va porter un regard neuf sur le dossier, il va tenter une dernière fois de confondre celui qui pour lui est l’assassin, celui qui joue avec la police et les médias depuis tant d’années.

Ce roman est tirée d’une histoire vraie, défrayant la chronique de l’époque, celle du meurtre d’Anaïs Marcelli. Pour être honnête je n’ai pas de souvenir précis de ce fait divers tragique et donc la lecture du roman s’est faite sans repère particulier par rapport à l’affaire. Ce n’est certainement pas plus mal, cela permet de se plonger dans le roman sans arrière-pensée. Pour autant, en faisant quelques recherches après avoir terminé le livre, je me suis rendu compte que les points communs étaient nombreux. A chacun de voir comment il voudra entreprendre la lecture.
Le principe du récit alterné est toujours efficace : on passe du point de vue des flics à celui du meurtrier (pas présumé car on sait immédiatement que c’est lui), éclairant les situations et les points de vue selon chacun. Le jeu du chat et de la souris entre Rotstein et Willer est bien construit, chacun ayant la date fatidique de la prescription de l’affaire en point de mire, pour des raisons bien entendu radicalement opposées.

Outre l’enquête policière plutôt plaisante à suivre, le livre est aussi une présentation de l’Alsace en général et de Mulhouse en particulier très bien représentée. Je passe tout de suite sur les quelques allusions politique, qui par les activités des auteurs sont forcément orientées à gauche. Là encore, chacun y fera sa propre lecture. Mais pour le reste, c’est une superbe description de ce qu’est la ville de Mulhouse. Ceux qui la connaissent y reconnaitront des lieux et des personnages bien connus. Les autres y découvriront une cité qui ne demande qu’à livrer ses charmes. Le tout est saupoudré de quelques précisions historiques qui rappellent le passé particulier de la ville, dans tous les domaines.

L’égaré, Jean-Marie Stoerkel et Pierre Freyburger
Alain Sutton

Les auteurs :
Jean-Marie Stoerkel est journaliste, spécialiste des faits divers
Pierre Freyburger est conseiller général et municipal (PS) à Mulhouse

Categories: Policier

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