Le cadavre d’un homme retrouvé dans une pirogue est le point de départ de ce roman. Le maire du village El Idilio accuse les Shuars. Antonio José Bolivar, vieil homme marginal et fin connaisseur de la forêt amazonienne et de ses subtilités met en évidence la signature d’un jaguar. Les hommes du village vont se lancer à sa poursuite et braver les dangers grâce aux conseils avisés du vieillard.

Dans la forêt amazonienne, on peut rencontrer des Shuars, également appelés Jivaros par les envahisseurs espagnols. Réputés pour conserver la réduction des têtes de leurs ennemis, ils passent, aux yeux de notre civilisation, pour des sauvages impitoyables.

Chassé de leur tribu pour avoir tué un ennemi à l’aide d’une arme à feu plutôt que d’utiliser la sarbacane et les fléchettes empoisonnées au curare paralysant selon la coutume, Antonio José Bolivar découvre la lecture à travers des romans d’amours aux histoires tourmentées.

Sa connaissance de la nature, apprise au contact des Shuars, lui permet de survivre là où les gringos succombent.

Dans la forêt amazonienne, on s’attend à tout, sauf à rencontrer un sage. Installé ici par choix, le vieux ne se sent pas apte au retour à sa terre d’origine dans les montagnes andines.

Qualifié de roman écologique à sa sortie, Le vieux qui lisait des romans d’amour est une fable moderne qui montre que n’est pas forcément sauvage celui qu’on croit. Tout est une question de point de vue. Luis Sepulveda fait lire des romans d’amour à son personnage. Quelle meilleure preuve d’harmonie avec son environnement. C’est également le meilleur lien avec la civilisation.

Le récit va à l’encontre de tous les préjugés habituels, comme la férocité et l’inculture des Jivaros, la dangerosité des piranhas attaquant aveuglément l’homme, la douceur et la sympathie des ouistitis.

Récit initiatique, Le vieux qui lisait des romans d’amour est un guide de survie dans un milieu hostile, à l’usage de tous ceux qui ne connaissent pas ses usages et ses coutumes. Il montre également le comportement imbécile et dangereux des non initiés.

Le vieux qui lisait des romans d’amour

Editions Métailié

L’auteur : Luis Sepulveda est un écrivain chilien né en 1949. Il vit en Europe depuis trente ans et voyage dans le monde pour soutenir la cause écologique. Son roman Le vieux qui lisait des romans d’amour, publié en 1992, a été traduit dans le monde entier et adapté au cinéma.

Il sera présent à Mulhouse, pour une seule date en Alsace, le vendredi 27 avril à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Dernières nouvelles du Sud, en collaboration avec le photographe Daniel Mordzinski.

Categories: Aventures, Passion

4 réponses actuellement.

  1. Christophe dit :

    D’abord décontenancé par le petit nombre de pages de cet ouvrage que j’avais imaginé plus épais, j’ai finalement constaté que l’épaisseur importe peu puisque le roman est excellent. Il l’est par sa poésie, par sa sagesse et par sa violence qui se veut le témoignage de l’ignorance humaine et de la vanité.

  2. [...] la même façon que Le vieux qui lisait des romans d’amour, on peut lire Dernières nouvelles du Sud comme un récit initiatique. Le texte est ciselé par un [...]

  3. [...] addthis_share = [];}Luis Sepulveda, écrivain chilien qui connut le succès mondial avec Le vieux qui lisait des romans d’amour, vient de publier un nouveau livre avec son ami photographe Daniel Mordzinski. Lors de leur passage [...]

  4. [...] revient également sur le succès de son premier roman Le vieux qui lisait des romans d’amour sur son adaptation [...]


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