Eric-Emmanuel Schmitt signe, en 2009, un récit court mais efficace dans lequel l’optimisme est le maître-mot. Une sorte de quête spirituelle qui conduit à la sagesse…

Dans le Tokyo actuel, un jeune garçon, Jun, qui a fui une famille dont on ne sait rien, survit en vendant des bricoles dans la rue.
Il est maigre, long et plat, il a tout juste quinze ans, n’a que peu d’espoir dans son avenir et pas de rêves…

Un vieux japonais, que l’on devine sage et plein d’expérience, dirige une école de sumo. Il s’appelle Shomintsu et s’entête à aborder jour après jour notre garçon, avec ses quelques mots uniques mais dont il est pénétré, « je vois un gros en toi »…

De surprise en étonnement, d’irritation en exaspération, d’interrogation en fuite, le garçon finit par accepter la conversation, qui se réduit quasiment à un monologue de l’ancêtre, jeunesse butée et sûre de soi dans sa déraison…

Les rencontres successives entre les deux personnages, ce jeu qui les lie, le refus du garçon de l’écouter, son refus de lui parler de sa vie, l’entêtement de Shomintsu à voir un gros en lui, des premières pages très drôles !

Le garçon a des idées bien arrêtées sur les compétitions de sumo : « le pic du ringard, le Fuji-Yama de l’horreur. Des tas de lards de deux cents kilos en chignon, quasi nus, un string en soie dans le cul, qui s’agitent sur une piste en cercle… »

Mais Jun finit par se laisser convaincre, contre son gré et plutôt inconsciemment, d’assister à un tournoi de sumo, au cours duquel il lutte contre ses préjugés et se trouve face à la révélation d’une vie…

Il entre à l’école de sumo. Mais squelettique au look poulet, Jun aura toutes les peines du monde à s’affirmer sumo. Est-ce son poids qui fera la différence ? Et la force mentale dans tout cela ?

***
C’est un récit court. Efficace et drôle.
On se surprend à éprouver une tendresse particulière pour chacun des deux protagonistes principaux.
Un optimisme communicatif.
On ne sait pas qui, de Jun ou du lecteur, monte sur le dojo…

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

Albin Michel

L’auteur : Éric-Emmanuel Schmitt est né en 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon.



Categories: Philosophie

3 réponses actuellement.

  1. [...] Schmitt, après Le sumo qui ne voulait pas grossir qui se déroule au Japon, nous fait découvrir la Chine. Où plutôt son mode de pensée au travers [...]

  2. M.Jo dit :

    Superbe leçon de vie et lecture jubilatoire! On découvre pèle-mèle, la culture nippone, les coulisses du sumo, le bouddhisme zen et surtout, le poids des entraves psychiques et du passé dans les épreuves que le personnage traverse.
    Comment ce jeune adolescent « conçu en deux dimensions uniquement » tant il est filiforme, va-t-il devenir un sumo redoutable? sa transformation physique mais aussi et surtout spirituelle se fait grâce à l’accompagnement d’un « maître » qui l’initie au pouvoir du mental.
    Je ne regarderai plus jamais le gravier ratissé d’un jardin zen de la même façon…

  3. Rusalka dit :

    Je écouté « Le sumo qui ne voulait pas grossir » en livre audio et j’ai été totalement conquise!!

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