Avant tout, et une fois encore (et je veux bien avouer que c’est quelque part une obsession), si d’aventure vous tenez ce bouquin entre les mains, ne vous risquez pas à lire la quatrième de couverture. Battant tous les records en termes de manque de suspens, l’éditeur a trouvé le moyen de nous raconter la fin dans la première phrase ! Lisez le reste et vous savez quasiment tout du livre. Bien entendu vous serez privés des détails de cette histoire méandreuse, et de la prose de Dominique Sylvain qui nous a écris un fort beau polar. Tout le monde n’a pas lu tous ses romans. Il parait tout bonnement incroyable d’en dévoiler autant, mais ou est le plaisir de la découverte ? Ce n’est pas le Titanic, la fin n’est pas supposée être courue d’avance, non ? Encore heureux que le nom du coupable ne soit pas dévoilé. Gros coup de gueule !
Bon.
Il y a deux histoires dans ce roman qui vont finir par se rejoindre, le tout dans un scénario très bien monté.
Un tueur en série, surnommé le « Boucher des quais » sévit à Paris. Il a pour victime les SDF de la capitale. L’enquête menée par le commissaire Clémenti patine un peu. Un ancien flic rétrogradé nommé Casadès se propose de lui filer un coup de main. De l’autre coté, Louise Morvan, une jeune détective maitresse de Clémenti, est obsédée par me meurtre de son oncle, Julien Eden, qui a été assassiné à la fin des années 70. Elle a repris l’agence de détectives privés que l’homme avait monté alors. Là encore Casadès intervient dans cette partie de l’histoire pour livrer des informations au compte-goutte. Il avait été dans les années 70 proche du Paris branché et de Jim Morrisson (alias « The lizard king »), le chanteur des Doors, mort dans la capitale et enterré au Père Lachaise, et dont la disparition avait été annoncée assez tardivement. L’évocation du chanteur et poète américain et des mystères qui l’entourent donnent une couleur « seventies » au roman plutôt réaliste et on a facilement quelques airs des Doors en tête au fil de la lecture.
La manière dont les deux enquêtes vont se rejoindre est rondement menée, mais de façon élaborée et distillée. On avance pas à pas pour en arriver au dénouement et je défie quiconque d’en trouver les solutions.
La plus grosse partie de la narration se fait autour de la jeune femme et de la recherche de l’assassin de Julien Eden alors que je pensais que le serial-killer prendrait toute la place. Ce n’était qu’un parti-pris et j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Louise Morvan au caractère bien trempé, que j’ai trouvé assez proche de Nestor Burma avec son style gonflé, sa façon d’être toujours dans les pattes de la police et sa voiture de sport.

Le roi lézard, Dominique Sylvain
Viviane Hamy

L’auteure :
Dominique Sylvain est née à Thionville en 1957

Categories: Policier

3 réponses actuellement.

  1. jean dit :

    Je ne sais ce qu’en pense l’auteur mais à sa place, je ne serais pas ravi de voir mon intrigue pratiquement dénouée sur la quatrième de couverture.
    Merci pour cette précision indispensable.

  2. gilda dit :

    Il est particulièrement intéressant si l’on parvient à se le procurer (en vente d’occasion ici ou là) de lire « Travestis » qui est la première et ancienne version de ce roman, déjà à l’époque pas si mal et d’apprécier le re-travail qui en a été fait pour donner ce « Roi lézard » plus abouti, si semblable et si différent (l’écriture est un sacré métier !).

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