Murakami utilise dans ce roman une écriture que j’ai d’abord ressentie comme très visuelle, puis comme cinématographique : ce but est d’ailleurs avoué, puisqu’il y a beaucoup de références aux angles de vue, aux rapprochements ou éloignements d’une caméra, etc. L’histoire se déroule sous nos yeux à travers un très grand nombre d’aspects visuels et par quelques sons. Les autres sens, comme l’odorat, ne sont pas, ou alors extrêmement peu, utilisés, m’a-t-il semblé.

Le narrateur s’exprime en « nous » et insiste sur son impuissance à agir sur les personnages: n’étant qu’un point de vue, il ne peut que les observer et les juger. Ce nous peut être compris comme un je modeste, mais aussi comme un je narrateur associé à un tu lecteur: personnellement, je suis de plus en plus passée à la seconde acceptation, me plongeant de plus en plus dans cette nuit qui passait.

Le roman ne se déroule d’ailleurs que pendant une nuit, à divers endroits de la ville où se croisent quelques personnages. Tous ont leurs zones d’ombre, leurs failles, mises en valeur par l’obscurité nocturne. Ils s’évanouissent et se dispersent avec l’arrivée du jour.

L’unique point noir de ce roman pour moi est cette fin un peu trop abrupte : plusieurs évènements étranges se sont déroulés pendant cette nuit et on ne reçoit finalement aucune explication, aucun dénouement concernant ceux-ci. C’est assez déroutant et mes propres points d’interrogation ne se sont pas évanouis avec le retour au jour, en refermant le livre.

Le Passage de la nuit, Haruki Murakami
10×18

L’auteur:
Haruki Murakami est un écrivain japonais contemporain, né à Kyoto en 1949.


Categories: Non classé

About Amandine

Étudiante en littérature, lectrice passionnée et correctrice à mes heures "perdues". Mon blog personnel : http://minoualu.blogspot.com/

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter