Je vais vous parler d’un temps que les moins de 130 ans ne peuvent pas connaitre dans la France de la IIIe république qui suivit la défaite face aux armées du roi de Prusse.
On découvre une France rurale, où chaque déplacement dans le bourg voisin est une aventure. La religion est très présente, en cas de maladie on cherche d’abord quel saint évoquer pour la guérison. Le docteur est le dernier recours, c’est un notable qui impressionne et qui coûte cher.
C’est une France pauvre où on fait travailler les enfants dans les champs ou à l’usine.
Nous suivons la vie quotidienne d’une famille de métayers dans le Limousin et plus précisément à travers le regard d’une petite fille de huit ans. Catherine vit dans une ferme avec ses parents, sa sœur et ses quatre frères. C’est une petite fille enjouée et courageuse à qui on assigne les corvées dévolues aux filles de son âge quand on est pauvre : garde des animaux, aide au nettoyage…
Comme ses frères elle veut aller à l’école et apprendre à lire, mais à cette époque les filles n’y vont pas.
Catherine sent instinctivement que son bonheur est fragile au sein de cette famille qui s’agrandit et où il est chaque fois plus difficile de nourrir une bouche supplémentaire. Face à la misère et à l’injustice elle va tenter de poursuivre ses rêves de petite fille dans un monde d’adultes prompts à la trahison.
C’est une plongée dans un monde oublié ou pour gagner quelques sous on peut vendre ses cheveux (comme Fantine ses dents dans « Les Misérables »). Le  coté inexorable sur les conditions des plus pauvres et de leurs enfants rend ce livre mélancolique et bouleversant.

Le pain noir, Georges-Emmanuel Clancier
Éditions J’ai Lu
Premier volet d’un série de quatre livres. Suivent : « La fabrique du roi », « Les drapeaux de la ville », et « La dernière saison ».

L’auteur :
Georges-Emmanuel Clancier né à Limoges en 1914, est écrivain et poète.
Goncourt de la poésie en 1992.



Categories: Passion

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