2009 : Georges Crozat, brigadier dans la police parisienne est aussi un boxeur amateur en fin de carrière. Il combat pour oublier qu’il se fait vieux et pour arrondir ses fins de mois afin de briser sa solitude avec des prostituées.
1958 : Pascal Verini est un jeune homme rebelle qui s’en va pour deux ans en Algérie faire une guerre qui ne dit pas son nom.

Antonin Varenne, dans ce récit alterné, signe un polar bouleversant, qui sort des sentiers battus.

Le boxeur, dit le Mur, au bout du rouleau et à court d’argent, fait l’homme de main pour un flic verreux, mais ignore tout des types qu’il doit intimider.
Verini vit un cauchemar au sein de son unité dans « La Ferme », lieu isolé où on retient des prisonniers de tous âges pour les faire parler. Les évènements qu’il va vivre vont le marquer à jamais.
Je vous laisse découvrir quel va être le lien qui va les faire se rencontrer, et aussi qui sont le Kabyle et le marin.

La dureté des combats de boxe, l’ambiance dans les salles d’entrainement et la psychologie du pugiliste sont d’un réalité impressionnante. On est projeté dans le meilleur des films du genre (je pense spontanément à « Nous avons gagné ce soir » mais il y en a plein d’autres).
Le livre décrit aussi  le quotidien de la guerre d’Algérie d’une section spécialisée dans le renseignement, le DOP (détachement opérationnel de protection). Ces unités avaient quasiment tout pouvoir pour obtenir des renseignements et la torture faisait partie des moyens mis en œuvre. Les appelés du contingent étaient affectés dans ces détachements et ne pouvaient pas ignorer ce qu’il s’y passait. On se demande même comment on a pu nier l’existence de la torture.
Entre récit historique, combats de boxe et suspens, ce roman voue envoie littéralement dans les cordes.
Et, cerise sur le gâteau, l’auteur sait finir son livre. La dernière page tournée on continue de savourer ce bouquin magnifique.

Le Mur, le Kabyle et le marin, Antonin Varenne
Éditions Viviane Hamy

L’auteur :
Antonin Varenne est né en 1973 à Paris


Categories: Historique, Policier

2 réponses actuellement.

  1. [...] Le Mur, le Kabyle et le marin, Antonin Varenne Sur un sujet proche du dernier prix Goncourt (L’art français de la guerre), mais plus court, 300 pages. Il n’y en a pas une de trop et le livre rivalise largement avec celui de Jenni. [...]

  2. [...] soirée polar. L’auteur du brillant « Le Mur, le Kabyle et le marin » (voir la critique) sera interviewé par Luc Widmaier au premier étage de la librairie de 18h45 à [...]

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