« Je ne m’appelle pas Loïk Affaire Elf, ni Le Plouc Fringant ; je m’appelle Loïk Le Floch Prigent. » C’est sur ces mots que s’ouvrent les mémoires de celui qui a été l’un des hommes clefs de l’économie française sous la présidence de François Mitterrand, avant de se retrouver au centre du procès du dossier Elf.

Le nom de Loïk le Floch-Prigent a resurgi brusquement dans l’actualité quand à la fin de l’année 2013 on a appris qu’il avait été arrêté en Côte d’Ivoire pour être « extradé » (il parle d’enlèvement) vers le Togo. Seulement voilà, le gouvernement togolais a manifestement pris ses aises avec les lois internationales, et au mépris de toutes les règles de droit a arrêté le Floch-Prigent en zone de transit à l’aéroport d’Abidjan. Malade (il doit subir une opération à cause d’une tumeur à la jambe), il est emmené sans ménagement à Lomé, et séquestré dans une gendarmerie. Les choses ne sont jamais simples en politique (et certainement encore moins en Afrique), c’est un ancien associé, Abbas Youssef, escroqué dans une arnaque vieille comme le monde, qui se venge en l’accusant d’être le fomenteur de ses déboires financiers. Les Togolais tentent eux d’obtenir un témoignage contre un politique local. Et les autorités françaises tardent à intervenir.

Comme il le rappelle il n’est pas issu des grandes écoles et cela lui a valu beaucoup d’inimitiés pendant les années où il était au cœur du pouvoir. Est-ce pour cela qu’il a payé le prix fort pour un système connu de tous, qui existait avant sa présidence à la tête d’Elf et qui d’après lui aurait toujours cours dans les milieux du pétrole ? Rappelons qu’aucun homme politique n’a été condamné dans cette affaire.

S’il revient aussi sur l’ensemble des circonstances de « l’ affaire Elf » comme sur son épilogue, le livre n’est pas consacré qu’à cela.
De son enfance à Guingamp dans le « Trégor » à sa gouvernance de grandes entreprises (Rhône-Poulenc, Elf, SNCF, GDF) en passant par sa récente incarcération à Lomé, on essaie de comprendre qui est réellement Loïk Le Floch-Prigent.
Celui que le le Président Mitterrand avait surnommé « le mouton noir » a des choses à dire et c’est surtout sur le terrain économique qu’il se place, en tant qu’ex patron d’entreprises publiques. On découvre alors un homme passionné par son métier et qui a des propositions concrètes pour l’industrie de notre pays ainsi que pour son Energie, domaine où son expertise est incontestable.
A 70 ans il continue à parcourir le monde.

Le mouton noir, Loïk Le Floch-Prigent
Pygmalion

L’auteur :
Loïk Le Floch-Prigent est né en 1943 à Brest

Categories: Témoignage

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