L’ouvrage original est paru sous le titre «The golden mean» et a été traduit de l’anglais (Canada) en français par David Fauquemberg.

Cette œuvre nous introduit dans la vie du philosophe grec Aristote. Bien que recensé par les éditions de «La Table Ronde» sous le label roman, l’auteur traite de la vie d’Aristote en s’appuyant sur des bases solides historiographiques à l’exception de quelques libertés expliquant sans doute la qualification de roman.

Nous suivons le périple d’Aristote d’Atarnée sur la côte d’Asie Mineure vers Pella, capitale de la Macédoine. Il y retrouve son ami d’enfance Philippe (II de Macédoine) dont l’occupation principale est de conquérir les royaumes mitoyens et d’y étendre sa puissance. Philippe confie à Aristote l’éducation de son fils Alexandre, futur Alexandre le Grand. Le jeune homme a un caractère difficile mais ne manque pas d’intelligence. Dans ce roman, Aristote parle à la première personne du singulier et mêle le présent au passé en faisant référence à ses souvenirs : confrontation avec la médecine aux côtés de son père Nicomaque, médecin à la cour de Macédoine ; relations tendues avec son beau-frère Proxène qui devient son tuteur à la mort de ses parents ; formation auprès d’Euxode de Cnide à Athènes remplaçant Platon parti pour la Sicile ; noces avec Pythias âgée de quinze ans alors qu’Aristote en avait trente-sept.

Les propos sont parfois crus mais témoignent de la véracité des relations humaines. Ainsi Philippe II retrouvant Aristote de retour d’Atarnée : «Petite merde prétentieuse. Tu es resté trop longtemps dans l’Est. Non mais, regarde-toi…». Ou Alexandre parlant de son grand frère Arrhidée handicapé : «…Il bave, il chie. Il marche sur deux pattes, au lieu de quatre – ça, j’ai aussi vu des chiens dressés le réussir…».

A titre personnel, j’ai beaucoup apprécié la description d’une maladie de guerre appelée le «cœur du soldat» qui correspond à l’actuelle névrose traumatique ou état de stress post-traumatique, stress ne cédant pas à l’arrêt de la situation stressante et se pérennisant chez ceux qui ont vécu un événement hors du commun mettant leur vie ou celle d’un compagnon en danger. Alexandre a présenté cette maladie décrite de manière clinique dans l’ouvrage ce qui reflète l’excellence du travail de documentation.

Cette intrusion dans la biographie d’Aristote nous familiarise avec le monde de l’Antiquité et la pensée grecque dont nous avons fait le socle de notre culture occidentale.

Le juste milieu, Annabel Lyon
Table Ronde-Quai Voltaire

L’auteur :
Annabel Lyon est née en 1971 à Brampton (Canada)

Categories: Historique, Philosophie

About Vincent Stoffel

Liseur occasionnel Ami d'Hervé

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